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Autoédition : un bon moyen pour se faire connaître ?

 

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Dans un monde où Internet régit presque tout, nous ne pouvons pas ignorer son impact dans le domaine littéraire. Sans Internet, il semble que nous ne soyons aujourd’hui plus capables de rien. Mais Internet est-il un bon moyen pour se faire connaître, autant pour les auteurs déjà publiés que pour ceux qui aspirent à l’être ?

À peine tapez-vous le nom d’un livre sur la barre de recherche Google que déjà vous vous retrouvez avec des pages et des pages de résultats. Internet est une mine d’or pour obtenir des informations sur n’importe quel livre qui existe. Entre résumés, extraits et critiques, tout est mis à disposition du lecteur pour se faire une opinion du livre avant même de l’avoir entre les mains. C’est souvent même un moyen pour le lecteur de décider si ledit livre l’intéresse vraiment ou s’il passera plutôt son tour.

La prédominance de l’avis des lecteurs

Internet constitue donc un élément majeur dans la promotion d’un livre et dans la stratégie marketing. Les auteurs partent à la poursuite des étoiles, qui sont comme un gage de qualité, et qui définissent bien souvent une œuvre aux yeux des lecteurs. Car si un roman est mal noté sur les différents sites Internet mis à disposition des lecteurs pour donner leur avis, il aura de moins en moins de chances de connaître un succès.

Pourquoi l’avis des autres lecteurs est-il si important ? Sans doute parce que nous voulons économiser notre temps et notre argent, dans cette société de consommation qui voudrait de nous que nous dépensions aveuglément. Car peut-être que les livres échappent à cette logique du consumérisme. On achète un livre pour le lire, et non pour qu’il soit inutile comme beaucoup d’autres articles qu’on nous pousse à payer, sans la moindre raison.

Alors, dans ce souci d’économie, nous partons à la recherche du livre qui nous séduira, mais qui aura déjà avant nous séduit bien d’autres lecteurs. Nous lisons avec intérêt leurs critiques, au risque parfois de gâcher un peu le mystère du livre, tant que cela nous garantit que nous ne faisons pas d’erreur en le commandant, ou en allant le chercher plus tard en librairie.

Cette importance des commentaires sur la toile, ils sont nombreux à l’avoir décelée, à tel point que des scandales de faux commentaires, d’avis positifs achetés, ont éclaté. Prenons celui du site GettingBookReviews.com, créé en 2010 par Todd Rutherford (mais qui est aujourd’hui fermé), et offrant des commentaires positifs en échange de grosses sommes d’argent, allant de 99$ (≈ 90€) pour un seul commentaire à 999$ (≈ 925€) pour 50 commentaires positifs. John Locke, auteur américain autoédité, en a acheté 300, boostant ainsi les ventes de son ebook. La gloire n’a pas de prix.

Internet ne revêt pas une importance capitale seulement pour les auteurs déjà publiés. En effet, nombreux sont ceux qui essaient de faire connaître leur manuscrit sur Internet, ouvrant par exemple des blogs où ils postent régulièrement des extraits de leur travail, se créant ainsi un lectorat, et espérant, pourquoi pas, se faire publier.

Internet : berceau des best-sellers

C’est ainsi que de grands succès ont d’abord été postés sur Internet avant d’être repérés par des éditeurs. Parmi eux figure la saga best-seller After d’Anna Todd, publiée en 2014 et ayant donné lieu à 5 tomes. La jeune femme, qui avait 23 ans à l’époque, avait d’abord publié son roman (fanfiction) sur Wattpad, un site social où chacun est libre de partager écrits en tout genre avec les autres membres, avant d’être repérée par l’éditeur américain Simon & Schuster. Sa saga sera adaptée sur grand écran très prochainement par Paramount Pictures.

Les Américains ne sont pas les seuls à connaître des success stories après avoir posté leurs œuvres sur Internet. Une Française, habitante de Rouen, a elle aussi réussi à se faire publier après avoir téléchargé son roman sur la toile. Il s’agit d’Agnès Martin-Lugand, qui a écrit Les gens heureux lisent et boivent du café. Fin décembre 2012, elle publie son roman en autoédition sur la plateforme Kindle d’Amazon, et trois mois plus tard il s’est déjà vendu à 8 500 exemplaires. Le livre sort ensuite en juin 2013 chez Michel Lafon, puis est traduit dans plusieurs langues européennes. Son parcours chez Michel Lafon continue, avec Entre mes mains le bonheur se faufile en 2014 et La vie est facile, ne t’inquiète pas en 2015. Elle aussi verra son premier roman adapté au cinéma, puisque le producteur américain Harvey Weinstein en a acquis les droits en 2015.

Mais les quelques succès retentissants ne peuvent pas nous faire oublier la partie immergée de l’iceberg : ils sont encore des milliers à publier leurs manuscrits en autoédition, espérant désespérément trouver au moins des lecteurs, au mieux un éditeur, mais sans succès. Une enquête menée par le site Taleist en 2012 a montré que 75% des revenus du secteur de l’autoédition étaient cumulés par 10% à peine des auteurs autoédités. De quoi être particulièrement pessimiste…

Mais Dostoïevski avait dit : « Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre. » Alors espérez, vivez, et vous verrez !

Michelle Mbanzoulou

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