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Balzac et la comtesse Hanska : 18 ans d’amour, 6 mois de mariage…

Ewelina Hanska, plus connue sous le nom de la comtesse Hanska, est issue d’une grande famille de la noblesse polonaise. Après son mariage avec le comte Honski, les époux et leurs cinq enfants s’installent en Ukraine. La jeune femme, qui lit beaucoup, tombe sous le charme des romans d’Honoré de Balzac, à qui elle décide d’écrire une lettre. Une correspondance assidue s’ensuit, générant pas moins de 414 lettres en 18 ans.

XIR157906 Madame Hanska (1801-82) engraved by Emile Lassalle (1813-71) (lithograph) (b/w photo) by Gigoux, Jean Francois (1806-94) (after); Musee de la Ville de Paris, Maison de Balzac, Paris, France; (add. info.: wife of Honore de Balzac); Giraudon; French, out of copyright

Madame Hanska (1801-82)

Un coup de foudre épistolaire

Ewelina décide d’envoyer une lettre en 1832 à l’éditeur de Balzac, Léon Gosselin, signée l’Etrangère.  Balzac est intrigué, et cherche à savoir qui est cette mystérieuse jeune femme pleine d’audace. S’en suit alors un jeu d’accusé réception des lettres par les journaux, sachant que certains sont interdits en Russie comme la Gazette de France. Leurs échanges ont lieu grâce à Lirette, la gouvernante d’une des filles d’Ewelina, jouant le rôle d’intermédiaire.

Balzac est épris, dès la troisième lettre. Il assure sa passion à la jeune femme alors qu’il ne sait pas qui elle est, et ne l’a jamais vu. L’Etrangère répond à ses sentiments avec la même ferveur. Les lettres parlent d’elles-mêmes :

Vous devez aimer et l’être : l’union des anges doit être votre partage ; vos âmes doivent avoir des félicités inconnues ; l’Étrangère vous aime tous les deux et veut être votre amie…

L’Etrangère

Je t’aime, mon ange de la terre, comme on aimait au Moyen Âge, avec la plus entière des fidélités, et mon amour sera toujours plus grand, sans tache, je suis fier de cet amour.

Honoré de Balzac

L’auteur, après avoir découvert que la jeune femme était « noble, belle, avec une intelligence rare » ne désire qu’une seule chose : la rencontrer.

Un amour compliqué et semé d’embûches

La comtesse Honska convainc son mari de voyager à Neufchatel, en Suisse. Celui-ci, peu jaloux, est ravi de rencontrer un écrivain français. Balzac et la comtesse ne se verront que quelques heures en tête à tête, mais cela suffit pour confirmer ce grand amour platonique. L’écrivain rentre à Paris éperdument amoureux « de la brune potelée » et la jeune femme troublée par la ressemblance entre l’écrivain et son frère. 

Peu après, les amants se rencontrent pour la deuxième fois, à Genève, toute la journée du dimanche 26 janvier 1834,  » jour inoubliable » pour l’écrivain. Une promesse est formulée : s’attendre jusqu’à la mort du comte Hanski.

Un jour, une lettre compromettante fut interceptée par le mari de la comtesse, mais Balzac réussit à lui faire croire que ce n’était qu’un jeu littéraire et que sa femme y avait mis un terme. Il obtient l’autorisation de la visiter à Vienne, et pour l’impressionner, arrive en calèche décorée d’armoiries d’Entragues.  Après cette rencontre, les deux amants ne se virent plus pendant 7 ans. Ils ne se sont rencontrèrent finalement que 4 fois en 8 ans.

Une réunion tant espérée

La comtesse devient veuve en 1842. Les deux amants peuvent alors enfin se retrouver, plein de bonheur et d’allégresse.

Comment ne pas dire tout ce qu’il y a dans cet être de grandeur et de bonté, d’élévation et de douceur, d’intelligence flamboyante et de jeunesse de cœur fraîche, gracieuse, printanière, ce cœur sans égal n’a pas ralenti ses battements depuis sa première émotion.

La comtesse, dans son journal intime

Balzac rencontre ses enfants, avec qui il s’entend à merveille. Néanmoins, Elewina hésite à épouser l’écrivain. Elle lui demande avant de régler ses problèmes de dettes, et de lui assurer une fidélité exemplaire. Animé par la présence de sa bien-aimée à ses cotés en 1847, Balzac écrit abondamment : en deux mois, il publie trois romans dans trois journaux différents.  Mais un problème subsiste, et la comtesse prend ses distances : si elle se marie avec un sujet étranger, elle va perdre toutes ses terres et biens en Russie.

Balzac, fou amoureux, insiste et lui prouve son amour par des aller-retours incessants, en dépit de sa santé. Elle cède et l’épouse en 1850, la jeune femme rêve d’un Paris mythique au bras d’un très grand écrivain. Ils emménagent alors au 12 avenue de Fortunée.
Malheureusement, la maladie emporte l’écrivain 6 mois après laissant la nouvelle Mme Balzac avec les dettes de son mari.

Gonzague Saint Bris résume leur romance par ces mots: « dix-huit ans d’amour, seize ans d’attente, deux ans de bonheur et six mois de mariage »

La polémique

Après la mort de l’écrivain, la comtesse trouve réconfort avec le peintre Gigoux. Mais des accusations pèsent sur elle :  Mirbeau compte publier un livre sur Balzac avec un chapitre révélant que sa femme, alors qu’il était à l’agonie, voyait son amant dans la pièce à côté. Le chapitre ne parait pas, sur demande d’Anna, la fille de la comtesse, par souci de respectabilité.

Aurore Bera

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