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Balzac, ogre de la production littéraire

 

Balzac-original

Reconnu comme génie littéraire inégalable, Honoré de Balzac, à la fois romancier, dramaturge, journaliste, imprimeur et critique littéraire, est l’un des plus grands représentants de la littérature française dans le monde, notamment grâce à sa production formidable.

« Un homme dont j’estime la personne et le talent » – V. Hugo

Honoré de Balzac avait plusieurs cordes à son arc et était reconnu pour son talent par quelques-uns de ses contemporains, tel Victor Hugo, qui l’a énormément soutenu dans sa carrière d’écrivain, même si leurs relations n’ont pas toujours été paisibles. Il a appuyé ses deux candidatures à l’Académie française et a collaboré avec lui à La Chronique de Paris, entre autres. C’est aussi lui qui, le dernier, a vu Balzac sur son lit de mort, et a prononcé son oraison funèbre en 1850, après avoir raconté dans son journal l’agonie de cet homme dont il reconnaissait le talent, alors même qu’il avait connu des débuts très difficiles dans le monde littéraire, ses œuvres ne rencontrant pas immédiatement le succès qu’elles méritaient. Le critique littéraire Sainte-Beuve ne lui a jamais fait de cadeau, et c’était à une véritable guerre littéraire que se livraient ces deux hommes de lettres, qui n’a pris fin qu’à la mort de Balzac, où le critique a été obligé de reconnaître que « l’auteur de Louis Lambert et d’Eugénie Grandet n’[était] plus un talent qu’il [fût] possible de rejeter et de méconnaître ».

Un auteur prolifique au projet inédit

Car Balzac, s’il ne mettait pas tout le monde d’accord avec ses écrits, était un véritable forçat littéraire, un ogre à la prolificité inégalée en France. Chaque année voyait la publication de quatre ou cinq romans, sans compter ses billets dans plusieurs revues et journaux. Il n’a vécu que 51 ans, pourtant Balzac a été l’auteur de 91 romans et nouvelles et le créateur de 2000 personnages, dont certains sont devenus de véritables institutions de la culture française, comme Félix Grandet, Eugène de Rastignac, ou encore Raphaël de Valentin. Quarante-six romans de Balzac sont regroupés sous un projet qu’il n’a pas eu la possibilité de terminer : La Comédie humaine. Comme son nom l’indique, ce projet permet à Balzac de s’intéresser à la condition humaine, aux hommes en général, qu’il met en scène dans tous leurs états. Le but est de dépeindre, avec le plus d’acuité et de réalisme possible, ses contemporains. Ainsi, de nombreux personnages incarnent un même trait de caractère, qui se décline en fonction de la singularité de chacun. Il s’intéresse aussi bien à la bourgeoisie et la noblesse qu’aux petites gens, ainsi Paris n’a-t-il pas le monopole de la représentation : la province tient, elle aussi, une place prépondérante. Son intention est de dresser « l’inventaire des vices et des vertus » des hommes.

« Les hommes d’élite maintiennent leur cerveau dans les conditions de la production » – Balzac

Pour arriver à un tel résultat et venir à bout de ce projet sans précédent, Balzac ne se laisse aucun répit. Au-delà de sa visée littéraire, de sa passion d’écrivain, il a besoin de produire beaucoup pour rembourser ses dettes, qui ne cessent de s’accumuler. Il écrit jour et nuit, y passant seize à dix-huit heures. Il fait même l’exploit de rédiger La Grenadière en une seule nuit. Il malmène sa santé au profit de son travail, fonctionnant aux litres de café, qui le tiennent éveillé toute la nuit, période durant laquelle il peut écrire sans être dérangé. Ainsi relate-t-il, dans sa Lettre du 1er septembre 1836 : « J’ai repris la vie de forçat littéraire. Je me lève à minuit et me couche à six heures du soir ; à peine ces dix-huit heures de travail peuvent-elles suffire à mes occupations. » Cet homme brillant, qui « combattait la misère avec [sa] plume », a inspiré de nombreux grands écrivains, comme Emile Zola, qui a lui aussi constitué une série de romans, appartenant au cycle des Rougon-Macquart, ou encore Gustave Flaubert, qui, malgré ses protestations, a été incapable d’empêcher de nombreux critiques de dresser la comparaison. Les romanciers n’ont pas été les seuls à admirer ce modèle d’exhaustivité, puisque Charles Baudelaire voyait en lui un poète et un visionnaire. Nous nous souviendrons de cette affirmation de Balzac, qui résume parfaitement son œuvre : « J’enveloppe alors le monde par ma pensée, je le pétris, je le façonne, je le pénètre, je le comprends. »

Michelle Mbanzoulou

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