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Ce que les princesses de contes enseignent aux filles

Lire un conte de fées, c’est profiter d’une occasion de s’évader du quotidien en se projetant dans un monde imaginaire. Mais ce n’est pas tout : ces histoires merveilleuses offrent aussi à nos chérubins de précieuses leçons de vie… Ou pas. En effet, lorsqu’on compare les personnages féminins des contes classiques, sages et passifs, avec l’insupportable gamine du voisin, ( vous savez, celle qui débite la chanson de La Reine des Neiges à longueur de journée) on se rend compte que les demoiselles d’hier ne sont plus vraiment les mêmes qu’aujourd’hui. Et on est en droit de se poser des questions quant à l’utilité des obscurs conseils de ces ouvrages.

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Les douze princesses

Les conseils « à l’ancienne »

Les contes d’antan regorgent de morales quelques peu absurdes : les princesses et autres fillettes s’en font allègrement et généreusement les porte-paroles.

On ne peut nier que la gente féminine des contes souffre d’un léger problème de crédulité. Un problème qui tend à s’aggraver en présence de nourriture : personne n’avait visiblement expliqué à Blanche-Neige et à Alice qu’on ne mange pas tout ce que l’on trouve, encore moins tout ce que nous offrent des inconnus un peu louches.  Mais cet exemple n’est pas le pire, car dans La Belle au bois dormant, il est clairement exposé qu’il suffit aux filles de paresser sur leur lit une centaine d’années pour qu’un prince débarque et les épouse. Or en pratique, non seulement aucune fille n’a la patience de demeurer allongée littéralement pendant un siècle, mais surtout, aucun téléphone portable ne peut survivre aussi longtemps sans être branché à son alimentation. Argument décisif. Ah, et accessoirement, les princes charmants n’épousent pas les princesses ridées. Le comble doit figurer dans La Belle et la Bête, où l’attitude de l’héroïne enseigne qu’il est toujours possible d’épouser son kidnappeur tant que ce dernier est riche et beau. (Même si au début cela ne se voyait pas, parce qu’après un baiser tout le monde peut réaliser qu’il s’est trompé et changer d’avis !)

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Remarquez en outre l’omniprésence du concept de beauté, comme s’il s’agissait du seul critère permettant d’estimer la valeur d’une femme. Non contents de ne pas respecter les moches, les contes traditionnels ne mettent nullement en avant d’autres qualités ô combien indispensables pour survivre dans ce monde de brutes… A-t-on déjà entendu parler de « L’Intrépide au bois dormant », cette fille qui combat des ogres au pays des rêves ? Non ? Quel dommage, c’est déjà plus constructif qu’une princesse qui souhaite épouser l’homme qu’elle a rencontré trois minutes auparavant…

Mais bien heureusement…

… Tout ceci n’est pas une fatalité ! Les princesses de contes indépendantes et dures à cuire existent aussi, et elles n’ont pas moins de valeurs à transmettre !

Prenons le cas d’Addie, personnage principal d’un conte du XXIème siècle, Les Deux Princesses de Bamarre.  Contrairement à sa grande sœur Meryl, future reine et épéiste confirmée, dont les projets d’avenir consistent à pourfendre de belliqueuses créatures et trouver le remède à une maladie incurable, Addie n’aspire à rien d’autre qu’à faire de la broderie en fantasmant sur un beau sorcier. Pourtant, le jour où Meryl attrape à son tour ce fameux mal qui la condamne à mourir, sa cadette n’a d’autre choix que de partir elle-même en quête d’un remède. Ce qui l’expose au passage à un bestiaire fort peu commode… Malgré sa couardise et son manque d’expérience guerrière, Addie va déployer une force et une ruse insoupçonnées et devenir bientôt aussi valeureuse que son aînée. (Et en plus, ce n’est même pas à cause de son love interest !) Dans la foulée, elle réalisera même que les activités d’intérieur qu’elle maîtrise si bien peuvent avoir d’autres fonctions qu’entretenir sa réputation de jeune fille docile. Par exemple, on peut également s’en servir pour négocier avec un dragon et sauver sa peau. Bon certes, ce n’est pas comme si Addie avait le choix étant donné les circonstances… Mais rendez-vous compte que cette aventure épique aurait pu être remplacée par un monologue sur la couture et la qualité des cheveux d’un beau gosse !

Comme quoi, il suffit qu’une bonne grosse grippe touche un membre de sa famille pour qu’un stéréotype de princesse de fiction lambda se transforme en héroïne audacieuse et inspirante ! Rien n’est impossible dans un livre de contes… Maintenant, militons pour un quota de princesses Addie dans les univers imaginaires !

Pour aller plus loin, consulter notre article sur les contes de fées et leur influence sur les enfants ….

Camille Launay

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