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Cent ans de solitude, le classique ultime de la littérature latino

Le 18 mai 2016, l’un des deux fils de « Gabo » a annoncé que les cendres de l’écrivain étaient désormais en Colombie. Elles seront déposées à Carthagène des Indes, dans un cloitre proche de la maison où a vécu l’écrivain. Garcia Marquez est mort en avril 2014, à Mexico. Sa disparition avait ébranlé le monde entier, des hommes de lettres et académiciens qui vouaient un culte à son œuvre, aux hommes politiques et célébrités qui l’admiraient. La fin de la carrière de l’écrivain marque aussi la fin d’une ère littéraire : la fin du boom latino-américain et la fin d’une génération d’écrivains qu’on assimile (souvent à tort) au réalisme magique. Lecthot vous propose à cette occasion de revenir sur Cent ans de solitude et son impact sur le monde de lettres. 

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Isabel Steva Hernandez (Colita)/Copyright Corbis

Cent ans de solitude, classique ultime de la littérature Latino

Son style incomparable est caractérisé par sa force et sa sensualité. Garcia Marquez dira avoir appris de Graham Greene l’algorithme pour codifier les tropiques, et de Kafka, l’inutilité de s’embrouiller avec des explications. De Borges, il hérite des combines et labyrinthes littéraires, de Carpentier et Neruda, il retient l’art de raconter l’histoire de son continent, de l’écrivain mexicain Rulfo, les portraits du fantomatique, de Cervantès, peut être plus que de tout autre, l’ironie et le jeu ; et de Paz, les portraits de la solitude. Il est aussi empreint d’une tradition européenne, héritée notamment d’Homère, de Dante et de Faulkner et s’inspire des folklores et croyances populaires latino.

Cent ans de solitude, est la grande fierté de la langue espagnole contemporaine, tout particulièrement de la culture latino-américaine dont la littérature est loin d’être assez diffusée. C’est l’histoire de prodiges, de magie, de la famille Buendía, mais c’est avant tout l’histoire du village de Macondo, avatar du peuple latino-américain. Le roman raconte une épopée universelle condensée dans un village qui pourrait se trouver n’importe où, du Mexique à la Terre de Feu.

En effet, la première lecture de Cent ans de solitude éblouit, c’est une expérience esthétique totale, un livre qu’on a souvent qualifié de parfait. Son style lumineux, son intrigue alambiquée, les sous-textes sociologiques et politiques présents dans le roman, ont contribué à la cristallisation de Cent ans de solitude comme un grand classique, un chef d’œuvre universel. La carrière de Garcia Marquez atteint son apogée en 1982 quand il reçoit le Prix Nobel de Littérature (deuxième auteur Latino-Américain à la recevoir). Cent ans de solitude devient alors mythique.

Une carrière prolifique

Garcia Marquez dira de ce livre que l’écriture en est superficielle, qu’il lui préfère son roman précédent Pas de lettre pour le colonel. D’autres romans suivront mais aucun ne trouvera le succès commercial et critique de Cent ans de solitude. Aux histoires d’amour insolites entre deux vieux séniles dans L’Amour aux temps du choléra succèdent des tragédies comme Chronique d’une mort annoncée ou « le récit de la mort de Bolivar » dans Le Général dans son labyrinthe. C’est dans ses nouvelles qu’on retrouve le plus d’originalité et de fraicheur, notamment dans Douze contes vagabonds qui convertit chaque année des générations de collégiens latino-américains au culte Garcia Marquez.

Mais surtout, au delà de la qualité littéraire de Cent ans de solitude, son succès critique et académique fait du roman un ouvrage qui a façonné le monde des lettres du dernier quart de siècle. Il a appris aux lecteurs européens et nord-américains qu’il existe une réalité alternative à la leur, qui peut être déconstruite et écrite et a ouvert la porte non seulement à de nombreux écrivains latinos mais aussi à des écrivains d’Afrique et d’Asie. Au-delà d’un débat qui restera à jamais subjectif sur la perfection du roman, l’Amérique latine doit, par le succès de Cent ans de solitude, beaucoup à Marquez.

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