Fil d'actus
Accueil > Non classé > Se faire publier : un vrai parcours du combattant

Se faire publier : un vrai parcours du combattant

 

publier-son-manuscrit

La France est le pays dans lequel on recense le plus grand pourcentage d’auteurs amateurs, sans doute du fait de sa tradition littéraire sans pareil. Pourtant, il est très difficile pour un auteur de se faire publier. Quels sont les éléments qui pourraient faire la différence ?

Un rêve partagé par des milliers de Français

Le rêve ultime pour tout écrivain amateur est de se faire publier, de préférence par une grande maison d’édition. La concurrence est donc rude dès le départ, puisque les grandes maisons reçoivent tous les ans un nombre pharaonique de manuscrits. Chez Gallimard, on en réceptionne en moyenne 6 000, au Seuil, environ 5 000. Grasset et POL tournent autour de 3 000. Généralement, sur cette quantité de manuscrits, seuls un ou deux sont publiés. Ces chiffres sont ambigus : d’un côté, ils découragent très largement les écrivains, qui se disent qu’ils n’auront jamais la chance de faire l’exception, mais ils prouvent en même temps que l’espoir continue de faire vivre et qu’il ne mourra pas de sitôt, sachant que le marché du livre recommence à se porter bien, avec une hausse de 1,5% en 2015. L’univers éditorial reste un mystère pour une grande partie des auteurs, qui ne ciblent pas forcément les éditeurs susceptibles d’être intéressés par leur œuvre, mais qui envoient leur manuscrit à la volée, espérant qu’il soit apprécié par quelqu’un, une crainte restant toutefois dominante : qu’il aille à la poubelle sans être consulté.

Tous les manuscrits sont lus

Les éditeurs sont clairs à ce sujet : tous les manuscrits envoyés par la poste sont lus. Par « lus », il faut entendre « ouverts ». Plus de la moitié est éliminée lors de ce premier écrémage. Il faut aussi savoir qu’un manuscrit envoyé par la poste ne doit pas forcément être accompagné d’une lettre de présentation. Beaucoup d’éditeurs affirment que cette lettre est inutile et que seul compte le manuscrit lui-même et sa qualité intrinsèque ; d’autres préfèrent quand même avoir une mise en contextualisation du manuscrit qu’ils s’apprêtent à parcourir. Il convient donc de se renseigner avant d’envoyer son œuvre, pour remplir au mieux les attentes.

L’étape de la lecture

Dans certaines maisons d’édition, comme POL, c’est le directeur de la maison lui-même qui procède à cet écrémage, et qui ouvre et lit chaque manuscrit reçu. Chez beaucoup d’autres, néanmoins, un service spécifique réceptionne les manuscrits et en lit les 10 premières pages, pour se faire une idée du style de l’auteur. Ceux qui semblent avoir du potentiel (généralement, cela ne dépasse pas le quart) sont mis entre les mains de lecteurs appartenant à des catégories variées : ils peuvent être professeurs, étudiants, ou encore mères au foyer. Ils sont rémunérés par fiche de lecture, la paye allant généralement de 30 à 90 euros. C’est ici qu’apparaît le comité de lecture. Chez Gallimard, il est constitué de 17 membres, qui tiennent réunion tous les mois. Chez d’autres, les réunions peuvent se faire toutes les semaines. Le comité évalue les différentes œuvres sur la base des fiches de lecture. Tout le comité étant rarement unanime sur un livre, la tâche de convaincre les autres membres revient à celui qui y croit le plus.

Les erreurs de jugement

Malheureusement, il arrive que ces comités de lecture se trompent et passent à côté de best-sellers, comme cela a été le cas pour les éditions L’Olivier, qui ont refusé le manuscrit d’Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part. Ce roman s’est écoulé à plus de 200 000 copies l’année de sa parution chez Dilettante, et il a aujourd’hui dépassé les 2 millions d’exemplaires vendus. Au Royaume-Uni, la célèbre J.K. Rowling a vu son best-seller légendaire, Harry Potter à l’école des sorciers, refusé par 14 maisons. Même du côté des auteurs classiques, le parcours éditorial a rarement été de tout repos. Ainsi, le chef-d’œuvre proustien Du côté de chez Swann a-t-il été refusé par les éditions de la NRF puis celles d’Ollendorff, avant de paraître chez Grasset en 1913, mais à compte d’auteur, parce que Proust ne se sentait pas la force d’essuyer un troisième refus.

Des standards à respecter

Les auteurs qui envoient leur manuscrit doivent respecter quelques consignes indispensables pour qu’il soit pris en considération : il doit être imprimé sur des pages recto, reliées, avec une mise en page claire et aérée, et un texte écrit en police Times New Roman taille 12. Il faut que l’orthographe soit irréprochable, donc il est préférable pour tout auteur de faire relire son manuscrit par un tiers, tout regard extérieur et objectif ne pouvant qu’enrichir l’ouvrage. Il faut garder en tête que les éditeurs restent à la recherche de livres qui les étonnent, sortent de l’ordinaire, remettent en question leurs connaissances. Ils attendent la pépite d’or qui viendra garnir leur malle aux trésors. Il en va aussi de leur intérêt, car il est toujours agréable pour les lecteurs de découvrir de nouveaux talents et d’avoir accès à des univers différents. Une maison d’édition qui ne se renouvèle pas risque de tomber dans la muséification. Dans un monde en plein mouvement, aucun domaine ne peut rester statique.

Il n’existe donc pas de recette secrète : il est surtout question de ressenti du côté de l’éditeur, d’où l’intérêt de bien le cibler, et d’un minimum de talent du côté de l’auteur. Car si beaucoup de Français écrivent, ils ne sont pas tous faits pour le métier.

Michelle Mbanzoulou

Commentaires :







Restons en contact !

Restons en contact !

Retrouvez le meilleur des dernières actualités, articles et interviews directement dans votre boîte mail ! 

Merci de votre inscription !