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Entretien avec Christophe Cazenove

Christophe Cazenove, scénariste de bandes dessinées français, travaille principalement pour les éditions Bamboo. Son créneau ? La bande dessinée d’humour autour des métiers (Gendarmes, Pompiers, etc), mais aussi autour de la famille, avec Les Sisters, l’un de ses grands succès.

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Lecthot : Pouvez-vous nous raconter votre grand succès, Les Sisters ?

Christophe Cazenove : Les Sisters raconte le quotidien de deux sœurs, Wendy (l’aînée) et Marine (la cadette).

Ce n’est pas tout à fait une création, car la BD est inspirée des filles du dessinateur William :  Marine et Wendy, qu’il dessine depuis leur naissance. Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, William m’a demandé de travailler ses idées sous forme de gags. Il me donne un thème pour chaque album puis me raconte des anecdotes au sujet de ses filles pour nourrir le scénario. L’idée de départ était de faire un album souvenirs pour Marine et Wendy.

L : Quelle est donc la part de réalité dans les gags ?

C.C. : De nombreux gags sont inventés, mais toujours en collaboration avec William qui essaie d’adapter les gags, reprenant parfois les dialogues afin que cela soit représentatif de la manière de parler de ses filles.

Par exemple, William a planté un arbre à la naissance de sa fille Wendy, alors que Marine n’avait pas eu d’arbre. Voilà typiquement le type d’anecdotes à partir desquelles j’écris. Celle de l’arbre est d’ailleurs dans le prochain album (qui sort en octobre).

Beaucoup d’éléments dans la BD sont ainsi véritables. C’est une série tout à fait à part, puisque ce n’est pas une pure création, il faut respecter les personnages qui existent déjà.

A ce sujet, les filles, qui lisaient auparavant mes scénarios, ont refusé un gag lorsqu’elles étaient plus petites, car elles ne se retrouvaient pas dedans !

L : Pourquoi avoir choisi les métiers comme sujet d’humour ?

C.C. : Il s’agissait d’une collection lancée par l’éditeur. Lorsque j’ai démarré Les pompiers, j’ai remarqué que dans le cadre professionnel, on retrouve souvent un peu les mêmes caractères : le leader, le gourmand, le dragueur, etc. Ce qui est une matière d’inspiration très riche. Pour les situations, j’essaie toujours de partir de quelque chose de vrai, puis de le caricaturer.

Cependant, je préfère faire mes gags que les analyser !

Avez-vous déjà eu envie de dessiner vos scénarios ?

C.C. : Comme pas mal de scénaristes, je suis un dessinateur frustré !  Pendant des années j’ai écrit et dessiné mes pages, en amateur.
Je compense ce manque en dessinant certains de mes scénarios à l’attention du dessinateur. Cependant, je ne fais pas cela pour tout le monde. William préfère par exemple que mes scénarios soient écrits pour ne pas être influencé par mes choix de mise en scène.

En définitive, j’aime dessiner mais je suis conscient que le niveau de mes dessins est limité ! Donc j’ai préféré me lancer dans le scénario, d’autant plus que cela permet de travailler sur davantage de projets, et donc de collaborer avec plusieurs personnes. Alors que si j’avais eu assez de talent pour être dessinateur, je n’aurais pas pu collaborer avec autant de collègues !

L : Y a-t-il des personnages particulièrement autobiographiques dans vos créations ?

C.C. : Réponse classique : je pense qu’il y a un peu de moi dans tous les personnages. Par exemple dans Les Sisters je parle parfois d’histoire que j’ai vécues avec mon frère ainé. La façon dont j’essaie d’animer mes personnages est souvent le reflet de mon observation de ce qui m’entoure au quotidien.

Je pars du principe que tout peut servir, y compris l’interview que l’on mène actuellement, je m’inspire de tout !

L : Quels conseils donneriez-vous aux auteurs se lançant dans le Crowdfunding avec le nouveau site de Lecthot, Mybookfunding ?

C.C. : Si Raoul Cauvin (j’ai grandi en lisant ses BD) dans votre précédente interview n’a pas donné de conseils, je ne préfère pas en donner non plus !

Je trouve ça cependant très bien pour les auteurs qui ont un projet qui leur tient à cœur et qui n’arrivent pas à intéresser un éditeur, pour mener des projets à terme, même si ça représente beaucoup de travail en amont. Je trouve que c’est une nouvelle solution que permet internet qui est vraiment bien.

 

Propos recueillis par Victoire de Piédoue

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