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Entretien avec Emmanuelle Pirotte

Emmanuelle Pirotte est scénariste et écrivain. De profundis, son nouveau roman dépeint un monde apocalyptique ; Ebola, fanatisme en tout genre, etc. Dans cet univers chaotique, Roxane survit grâce au trafic de médicaments, à Bruxelles. Lorsque son ex-mari succombe au virus, la jeune femme se voit confier la garde de sa fille Stella, dont elle ne s’était jamais occupée. Elle part alors se réfugier avec son enfant dans un hameau perdu à la campagne.

Lecthot : Pouvez-vous nous raconter votre roman en quelques mots ?

Emmanuelle Pirotte : De produndis se passe dans un futur proche, un futur assez apocalyptique puisque toute une série de fléaux se déchaine sur l’Occident. Un virus mortel : des fanatismes, des pannes de courant, etc. C’est un monde qui ressemble au nôtre mais dans ce qu’on pourrait envisager de pire, d’ici quelques années.

Dans cet univers, survit une jeune femme d’une quarantaine d’années, Roxanne, qui pour vivre vend des médicaments frelatés. C’est quelqu’un qui n’a pas beaucoup de scrupules, qui est un peu au bout du rouleau psychologiquement et qui attend en quelque sorte la fin du monde comme beaucoup de gens dans son cas. Jusqu’à ce que on lui confie une petite fille, Stella. Une fille qu’elle a eue avec un homme qu’elle a quitté à la naissance de l’enfant, ne se sentant pas prête à être mère. Cet enfant lui échoie comme un fardeau mais elle va tenter malgré tout de survivre, d’échapper au chaos, en partant se réfugier avec son enfant dans un hameau perdu a la campagne

 

L : Quelle a été votre source d’inspiration ?

E.P. : Il s’agit d’une histoire que j’ai commencé à travailler il y a longtemps, à l‘époque où j’étais scénariste. Je ne me voyais alors pas vraiment comme une romancière et j’ai commencé à travailler ce texte un peu entre deux formes, puis je l’ai laissé dormir dans un coin de ma tête pendant toutes ces années, jusqu’à ce que je publie mon premier roman et que cette histoire resurgisse. Pourquoi celle-là plutôt qu’une autre ? C’est un mystère. Bien sûr, certaines angoisses par rapport à l’avenir du monde y sont présentes, et c’est une manière de les exprimer. Néanmoins, des choses demeurent mystérieuses.

 

L : Une intrigue cinématographique…

E.P. : Le fait d’avoir écrit des scénarios pendant longtemps fait que lorsqu’une idée germe, j’ai une approche visuelle immédiate plus facilement par mon métier de scénariste. Une façon de voir la structure d’un point de vue cinématographique qui doit être chez moi naturelle, c’est certain.

 

L : Quel est Le lien entre les dérives de la société et la relation mère-fille au cœur du roman ?

E.P. : Ce lien existe et c’est intéressant de le mettre en exergue. Je parle au tout début du roman, lorsque j’explique que Roxane ne se sent pas mère, de toutes ces mères qui ne se sentent plus mère. On a l’impression d’être dans un monde où l’instinct de maternité disparait lentement, qu’il s’agisse des pays occidentaux ou des pays pauvres, cela se vérifie partout dans mon livre. Je pense que l’état catastrophique du monde provoque la disparition de certains comportements humains, qui perdent en tout cas de leur vigueur. Il me semble donc qu’il y a un lien direct entre la dérive de ce monde et la manière qu’ont ces femmes de se sentir viscéralement liées à leur enfant de même qu’on peut imaginer que d’autres formes d’instinct primordiaux importants chez l’homme s’éteignent…

A écouter en intégralité sur Lecthot.com

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