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Entretien avec Jean-Claude Mourlevat

Jean-Claude Mourlevat est un écrivain jeunesse prolifique, notamment auteur du Combat d’hiver (Prix Jeunesse France Télévisions, 2006 et Prix des incorruptibles, 2008 ) et de Sophie Scholl (Prix Historia du livre jeunesse 2013). Jean-Claude Mourlevat nous parle de son nouveau roman, Mes amis devenus. 

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Lecthot : Vous convoquez dans Mes amis devenus de nombreuses émotions, de l’euphorie du premier amour aux deuils de l’âge mur. Quels sont les moyens stylistiques qui vous permettent de créer cette atmosphère ?

Jean-Claude Mourlevat : C’est le genre de questions que je ne me pose jamais. Je laisse les gens commenter ça, moi je ne sais pas. En fait, j’écris sans projet réel, pas de scénario ni de plan. Dans l’écriture elle-même c’est vrai qu’il me faut une tonalité, une musique… et j’ai du mal à la définir moi-même. Plus que la nostalgie, la musique de ce roman là, c’est la voix de quelqu’un. Le récit est à la première personne. C’est comme quelqu’un qui parlerait en confiance et en grande proximité à quelqu’un qui aurait une oreille bienveillante. C’est sans doute cette tonalité de proximité, de secret qui domine.

L : Des cinq du groupe qui est votre personnage préféré ? A qui vous identifiez-vous le plus ?

J.C.M. : Je m’identifie le plus au narrateur, Silvère. L’émotion de retrouver ses amis, perdus depuis 40 ans, le plonge dans son passé, dans les souvenirs. Pour raconter ça, j’ai puisé abondamment dans les miens, dans mon réservoir émotionnel. Mais bon, ce n’est pas ma vie non plus. Je me suis transposé, déguisé… mais je suis dans le livre. Les autres personnages sont des constructions faites à partir de gens que j’ai connus.

L : Vous écrivez dans ce roman des personnages masculins et des personnages féminins complexes et très attachants, avez-vous une préférence ?

J.C.M. : Je pense qu’il y autant de personnages importants féminins et masculins dans mon oeuvre. J’ai eu peur longtemps de ça, pendant mon temps d’écrivain pour la jeunesse. Les premiers romans que j’ai écrit mettaient toujours en scène des garçons jusqu’au jour où je me suis lancé et j’ai mis en scène une fille, Anna dans La rivière à l’envers. Je me suis rendu compte qu’en fait ça ne me posait aucun problème de me mettre à la place d’un personnage féminin.

L : Quels romans avez-vous lus pendant l’écriture de Mes amis devenus?

J.C.M. : Quand j’écris, je lis moins. Ce roman j’ai du mal à le rattacher à une lecture parce qu’il est vraiment très personnel. Comme je disais, c’est un peu mon disque dur, donc il me semble que je ne me suis pas trop aidé de lectures extérieures, alors que c’est souvent le cas dans ce que j’écris. C’est souvent à la suite d’une lecture particulière que j’ai l’élan pour écrire à mon tour. Mais pas pour Mes amis devenus, sauf le titre emprunté à un poème de Rutebeuf, un poète du XIIIe siècle, mis en musique par Leo Ferré.

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Le portrait Lecthot :

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Littérature

Une expression que vous n’aimez pas

Il y en a plein qui m’énervent beaucoup ! « Pas de soucis », je déteste « pas de soucis » ! « Ça va être compliqué » ça m’agace aussi pour dire ça va pas être facile, compliqué c’est autre chose, ça veut dire « complexe ».

Un écrivain que vous auriez aimé être ?

Aucun. Il y a des écrivains que j’aurais aimé lire, et je les lis. Les écrivains que je préfère, je n’aurais pas aimé être eux. Franz Kafka par exemple, qui est mon écrivain préféré, je ne suis pas sûr d’envier la vie qu’il a eue !

La scène romanesque qui vous a le plus marqué

Don Quichotte ramassé à la cuillère par Sancho Panza après les moulins.

Votre lieu préféré pour lire

Mon lit (rires).

 

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