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Entretien avec Loulou Robert

Loulou Robert, mannequin et auteure, nous a présenté Bianca, son premier roman. Bianca décrit la vie d’une adolescente sensible et torturée, internée aux Primevères, un hôpital psychiatrique pour jeunes, où elle rencontre une série de personnages étranges mais attachants. L’auteure, depuis le pont du bistrot Alexandre III, nous a confié la parution prochaine de la suite des aventures de son héroïne, ainsi qu’une adaptation filmique pour ce premier livre ! 

Le portrait Lecthot

La scène romanesque qui vous a le plus marquée

La scène à la fin de la route de Madison, quand elle a la main sur la portière et qu’elle hésite, et qu’elle voit sur le rétroviseur de la voiture derrière, le pendentif.

Votre adjectif préféré ?

« Sensible », je pense que c’est « sensible », comme mon personnage d’ailleurs.

Une expression que vous n’aimez pas ?

« S’en foutre plein la panse » !

Votre endroit préféré pour lire ?

Je ne sais pas. Ce sont plutôt des moments, je n’ai pas d’endroits préférés, il n’y a pas un endroit, mais surtout des périodes où je lis énormément. J’aime bien lire dans les cafés.

Les questions Lecthot

Lecthot : La littérature vous a-t-elle aidée dans votre vie ?

Loulou Robert : Oui, bien sûr, comme un moyen de m’échapper. Je lisais énormément quand j’étais ado, c’est un moyen de s’échapper, de s’évader, ça rend la vie plus belle. Cela amène de la beauté, des suppléments de vie un peu, des histoires. Ce ne sont pas les livres qui guérissent, mais ils permettent d’avoir un peu de répit, parfois même de comprendre des choses.

L : Avez-vous changé en écrivant Bianca ?

L.R. : Bien sûr, déjà c’est mon premier roman, avant ça, je n’avais jamais écrit, et puis je me suis trouvée par rapport à Bianca, et j’ai réglé des choses je pense. Cela m’a fait du bien d’écrire ce livre, vraiment, j’avais des choses à régler en moi, j’ai trouvé ce que j’aimais vraiment dans la vie ; l’écriture m’a libérée.

L : Avez-vous des influences littéraires précises ?

L.R. : Pas vraiment, je me suis arrêtée de lire en rentrant de New-York, l’année dernière, quelques mois avant d’écrire Bianca, ça faisait un moment que je n’arrivais plus à lire, peut-être que je préparais le livre sans m’en rendre compte. J’ai beaucoup de mal à lire, et je pense que c’est une bonne chose aussi, les livres c’est génial, mais il ne faut pas trop s’imprégner d’autres auteurs, c’est important que ce soit vraiment mon histoire, mes mots. Cependant, j’adore Salinger, Fante, Céline, Balzac… Mais ces auteurs n’ont pas influencé Bianca. Bianca est venue d’autre part.

L : Selon vos propos, vous écrivez la suite de Bianca ?

L.R. : Oui la suite. Zut, je ne devrais pas le dire !

L : Comment s’est passée votre vie à NY ?

L.R. : J’ai grandi à New-York, vraiment grandi. Deux années compliquées, car pour une mannequin ce n’est pas évident, j’étais assez seule, et je pense que c’est à ce moment-là que j’ai préparé Bianca sans m’en rendre compte, ça m’a permis de grandir plus vite. Quand je suis rentrée en France j’ai eu un déclic, je sentais que j’avais besoin de rentrer et là je me suis mise à écrire. Je ne crois pas au destin, mais il y a eu quelque chose là-bas qui a donné un sens. New-York m’a donné un sens ; rien n’arrive sans raison.

L : Considérez-vous le mannequinat comme une prison ?

L.R. : C’est tout et son contraire, c’est une cage mais c’est aussi ce qui permet de se libérer, ça m’a véritablement aidée par rapport à mon corps, des problèmes que j’avais avec moi-même, ça m’a permis de mieux m’accepter. Mais cette focalisation sur le physique rend ce métier assez difficile. On t’enferme un petit peu… Il y a donc deux aspects contraires dans le cas de mon expérience.

L : Le fait d’être mannequin contrarie-t-il le statut d’écrivain ?

L.R. : Bien sûr, une jeune mannequin qui sort son premier roman, c’est particulier. Le fait que je sois mannequin me met dans une catégorie, comme si je ne pouvais pas écrire. Et les gens sont un peu cons parfois, enfin pas tous, mais c’est vrai qu’on m’a souvent mise dans cette catégorie. Mannequin c’est une cage, une catégorie, c’est une étiquette, ce n’est pas entre mannequins : ce sont les gens extérieurs qui nous voient comme cela. C’est bête parce qu’il y a plein de filles qui sont super intelligentes et qui ont plein de trucs à dire, il suffit de lire mon livre pour voir que cela n’a rien à voir. La vie de mannequin m’a appris beaucoup, le fait d’avoir commencé comme ça, je n’ai pas fait d’études, j’ai été tout de suite dans un rythme de travail, j’ai été assez seule, j’ai eu beaucoup de temps pour murir, faire des expériences, j’ai bougé à New-York, et cela m’a permis aussi d’écrire Bianca dans un sens .

L : Comment en êtes-vous venue au mannequinat ?

L.R. : Ça m’est tombé dessus un peu par hasard, en plus j’ai commencé assez tard, j’avais 18 ans et demi, j’étais à Paris et j’avais besoin de sous, j’étais étudiante. Je n’ai jamais voulu devenir mannequin, de même que je n’ai jamais voulu devenir écrivain, ça m’est tombé dessus puis ça a pris une place extrêmement importante, ça a pris presque toute la place… Je continue une vie de mannequin mais plus du tout de la même façon. Je suis plus heureuse comme cela mais je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette voie là. Et la comédie, le cinéma, ce sont des moyens de s’exprimer mais différents, l’écriture cela me semble très à part, jouer c’est cette partie-là qui me plaisait dans le mannequinat, la caméra, l’émotion, ce qui se passe entre le photographe et le modèle.

Propos recueillis par Anais Ornelas et François-Marie Charmet.

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