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Entretien avec Philippe Tesson

Première femme à avoir présidé l’Académie Goncourt entre 1949 et 1954, Colette est l’une des figures iconiques de la littérature française. C’est à travers le prisme de ses amours que Philippe Tesson a choisi de lui rendre hommage au Théâtre de Poche Montparnasse. Le spectacle, conçu sous forme de cabaret littéraire, verra Philippe Tesson échanger avec Judith Magre et Elisabeth Quin au sujet de l’écrivaine et de ses amours tumultueuses, le tout rythmé par les interludes au piano de Jean-Baptiste Doulcet.

Lecthot: Comment vous est venue l’idée de Colette et l’Amour ?

Philippe Tesson: J’ai toujours beaucoup aimé l’écrivain Colette et j’ai toujours été intéressé par sa vision de l’amour, sa philosophie de l’amour et sa pratique amoureuse. Je trouve très intéressante sa bisexualité, la manière dont elle l’a analysée, et ce besoin à la fois de domination et de tendresse qui l’explique.

L: Qu’est-ce que le matériau du théâtre nous dit de plus sur Colette ? Prend-elle un relief tout particulier dans cet environnement ?

P. T. : Le théâtre est une valeur ajoutée intéressante à toute démarche intellectuelle et artistique. J’ai toujours considéré le théâtre comme une clé importante pour la connaissance des êtres humains et de leur psychologie.

L: Pourquoi utiliser le prisme des relations amoureuses pour présenter au public le personnage de Colette ?

P. T. : Parce que les relations amoureuses sont une composante importante de la personnalité de Colette.

L : A-t-on selon vous tout dit sur Colette ? Aviez-vous le désir d’éclairer cette figure sous un jour nouveau ?

P. T. : On n’a jamais tout dit sur quiconque à condition que ce qui compte soit intéressant, riche et complexe. Je n’ai pas la prétention d’apporter sur Colette des jugements originaux. Je livre simplement ma sensibilité à propos d’un écrivain qui est en même temps une artiste, intéressante et originale et un être humain à forte personnalité.

L : Aujourd’hui Colette est devenue un symbole. Quelles valeurs incarne-t-elle à vos yeux ?

P. T. : Une féminité très singulière, un rapport à la vie particulièrement chaleureux.

L : Colette est restée célèbre entre autres pour ses amours tumultueuses, nombreuses, sa bisexualité. Pensez-vous qu’il faille en faire une héroïne féministe ?

P. T. : J’admire beaucoup le féminisme de Colette que je trouve très intelligent, la manière dont elle l’a assumé, la profondeur de la pensée qu’elle a développée sur lui. Elle n’en a jamais fait une doctrine. Il ne s’agit pas d’un féminisme radical.

L : Vous avez longtemps été spectateur passionné et critique de théâtre, comment vous sentez-vous au moment de monter à votre tour sur les planches ?

P. T. : Je n’ai pas la prétention de monter sur les planches. Je ne suis pas un acteur, je me fais acteur pour présenter ce qui n’est que le récit d’une vie.

Propos recueillis par Arthur Delacquis

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