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Festival de Cannes : Drame, réalisme et déception au programme d’aujourd’hui

En ce mercredi 18 mai, la compétition continue et présente deux nouveaux films : Ma’Rosa de Brillante Mendoza et La Fille Inconnue des frères Dardenne. Les deux films ont suscité de vives critiques.

Ma’Rosa : un film choc qui dénonce une société corrompue

Mère de famille, Ma’Rosa tient une épicerie café, un sari sari store, dans un quartier pauvre de Manille. Pour pouvoir joindre les deux bouts et faire vivre sa famille, elle revend illégalement des narcotiques avec son mari. L’épée de Damoclès ne tarde pas à tomber : le couple est arrêté. A partir de ce moment, leurs quatre enfants vont tout faire pour les sortir de cette impasse et réunir l’argent demandé par les policiers corrompus. Pour acheter la liberté de leurs parents, les enfants vont devoir faire beaucoup de compromis et de sacrifices.

Le réalisateur philippin de 44 ans est de nouveau en course pour la Palme d’Or. En 2008, déjà, il présentait Serbis, suivi un an plus tard de Kinatay, pour lequel il remporte le Prix de la mise en scène. Sept ans après, il revient avec Ma’Rosa qui sortira dans les salles françaises le 9 novembre. Brillante Mendoza est bien connu pour ses films violents et brutaux, où il cherche à montrer la cruauté à laquelle ses personnages sont confrontés. Mendoza, ce n’est pas du « joli », c’est cru, poignant. Habitué aux controverses et polémiques, il tend à présenter du cinéma social, des films partagés entre documentaire et fiction, posant un regard tranchant et froid sur la société. Ecrit par Troy Espiritu avec Jaclyn Rose, Andi Eigenmann, et Julio Diaz, ce film n’échappe pas à la règle. Il est brutal, violent et nous plonge dans un quartier de Manille corrompu où trahisons et règlements de comptes sont le lot quotidien. Ma’ Rosa ne cherche pas à faire de beaux plans, mais souhaite montrer du doigt les travers d’une société déréglée. Tout le long du film, la bande-son monte crescendo en intensité, accompagnant les enfants dans leur cavalcade.

Son style « caméra à l’épaule » évoque les codes du documentaire avec de longues prises et des images tremblantes, voire floues. Mendoza reste dans ses habitudes et n’abandonne pas les éléments qui ont fait sa renommée, sa marque de fabrique. Le film est empreint d’un réalisme dérangeant qui montre les horreurs du quotidien sévissant dans les quartiers pauvres des Philippines.

L’accueil du festival :

Au Festival, le film remporte un succès mitigé. Les critiques lui reprochent un rythme irrégulier, une mise en scène « sale ». Pour certains la séance est interminable et l’intrigue met trop de temps à démarrer. Mendoza ne se réinvente pas. Pour d’autres, il touche juste. C’est intense, authentique, haletant. Le savant mélange du documentaire et de la fiction fascine, questionne. Les décors lugubres et les lumières effacées des lampadaires semblent efficaces. Plusieurs critiques ne tarissent pas d’éloges, c’est du cinéma « pur ». Rien n’est embelli. Mendoza veut montrer. C’est tout. Adepte du film choc et provoquant, le maître du cinéma indépendant philippin a-t-il une chance de recevoir une Palme d’Or ou sa tendance à l’ultra réalisme va-t-elle lui porter préjudice ?

Le génie des Frères Dardenne n’est-il plus qu’un vieux souvenir ?  

Jenny est une jeune médecin généraliste. Un soir, une heure après la fermeture de son cabinet, elle décide de ne pas ouvrir la porte lorsqu’un patient sonne. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que cette décision va lui coûter beaucoup. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est retrouvée morte, sans identité. Hantée par cette histoire, Jenny est rongée par la culpabilité et va essayer de retrouver le nom de cette inconnue afin de prévenir sa famille. Les Frères Dardenne sont des habitués du festival, ils ont déjà obtenu 2 palmes d’or pour Rosetta en 1999 et L’Enfant en 2005. Leurs films sont généralement empreints de suspense, de questionnements et de mystères.

L’accueil du Festival :

La Fille Inconnue, joué par Adèle Haenal, est une histoire policière sur fond de drame social et humain. Très attendu, le film a pourtant été accueilli froidement. A la fin des projections, quelques timides hués se sont fait entendre. Selon les critiques et les journalistes, l’histoire est prévisible, scolaire et souffre de quelques longueurs. Les facilités scénaristiques ne servent pas le film qui finalement devient trop peu crédible pour certains. Pour d’autres, la Fille Inconnue jouit d’une maitrise narrative caractéristique des Frères Dardenne, qui nous livrent une fois de plus un film humaniste. Mais ces échos sont rares et le film ne fait pas l’unanimité. Les Frères Dardenne se reposent-ils sur leurs acquis ? Plusieurs avis s’accordent pour dire que les réalisateurs font toujours le même cinéma au risque parfois de se parodier eux-mêmes. Seule Adèle Haenal semble convaincre. L’actrice y est très juste et criante de vérité. Certains vont même jusqu’à dire qu’elle « sauve le film » ! Naturelle et douce, elle parvient à donner une dimension héroïque à son personnage. Mais là encore, les avis divergent. Résultat, pour beaucoup la Fille Inconnue est un film plat, sans éclat, décevant.

Pour ce 8ème jour de festival, les films en compétition n’ont pas fait l’unanimité ! Le son de cloche des critiques est à peu près homogène, peu d’innovation, trop de redite, des longueurs, de l’ennui….

Fanny Kalinine

 

 

 

 

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