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Fleur Pellerin se voit retirer le ministère de la Culture : faudra-t-il la regretter ?

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Elle a été nommée le 26 août 2014 au ministère de la Culture et de la Communication, elle l’a quitté le 11 février 2016, alors même qu’elle ne s’y attendait pas. Fleur Pellerin est connue des Français pour ses quelques gaffes, qui n’ont pas manqué de faire jaser. Mais ne faudra-t-il retenir que cela ? A-t-elle été une bonne ministre de la Culture ?

Un mandat entaché dès le départ

Après avoir été ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Economie numérique, puis secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français à l’étranger, Fleur Pellerin s’est vu attribuer le ministère de la Culture et de la Communication. À peine en poste depuis deux mois, elle a commis l’erreur qui condamnera son mandat auprès de tous : en tant que ministre de la Culture, elle a été incapable, alors qu’elle était invitée sur le plateau du « Supplément » de Canal+, de citer le moindre livre du tout récent Prix Nobel de littérature Patrick Modiano, récompensé pour son roman Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. Elle avoue même ne pas avoir lu d’œuvre littéraire depuis deux ans, occupée à lire « beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP ». Devenue la risée du monde littéraire français, elle a aussi été raillée à l’étranger, notamment parThe Guardian, quotidien britannique, qui s’amusait de ce que la ministre française partage la même interrogation que toute la presse étrangère : « Modiano qui ? ». Cette intervention lui a valu de passer pour une inculte auprès d’un grand nombre de Français. Elle a par ailleurs été ridiculisée sur Canal+, encore une fois, lors d’un reportage du Petit Journal, dans lequel elle était censée faire une visite guidée de son bureau. Incapable de nommer le peintre d’un des tableaux accrochés sur le mur, elle voit son statut d’inculte s’ancrer encore plus dans les esprits, ne lui laissant plus le bénéfice du doute.

La culture ? Secondaire !

La tâche que lui avait attribuée François Hollande était pourtant claire : si on en croit le reportage Un temps de présidentd’Yves Jeuland, elle était censée « aller voir Jack Lang », qui avait « des idées », et se « taper des spectacles ». Cette formulation ne pouvait pas être plus significative de l’état d’esprit qui règne dans la politique française : le ministère de la Culture est devenu très secondaire, il n’est plus une priorité, alors que c’est par la culture qu’un pays rayonne et se développe, c’est avec la culture que les générations futures se forgent. La France essaie de rivaliser à l’international avec un pays tel que les Etats-Unis, dont le soft power est inégalable, mais elle s’en retire en même temps la possibilité en laissant presque à l’abandon un ministère qui aurait besoin d’un bon coup de fouet.

Des réussites aussi

Si ses erreurs ont plus marqué les esprits que ses actions, comme en témoigne le sondage en ligne du magazine Le Pointintitulé « Fleur Pellerin fut-elle une bonne ministre de la Culture ? », auquel 58% des 53 256 votants ont répondu non, il convient de noter que Fleur Pellerin a permis de stabiliser le budget alloué au ministère de la Culture, alors qu’il était en baisse de quinquennat en quinquennat. Elle a réglé la crise des intermittents, sujet brûlant à l’été 2014, laissé en l’état par son prédécesseur Aurélie Filippetti. Elle a aussi mis en place l’ouverture sept jours sur sept des trois monuments culturels que sont Orsay, Versailles et le Louvre. Notons par ailleurs qu’elle a été d’un grand soutien à l’industrie du jeu vidéo, gagnant même au gouvernement, et assez péjorativement, le surnom de « ministre des jeux vidéo ». En sachant que le jeu vidéo français s’exporte plus que la littérature française, il ne faut pas douter que cet engagement a aidé à promouvoir la culture française à l’international. Avec son relèvement du crédit d’impôt sur les films étrangers, elle a aussi favorisé le retour des tournages de films sur le sol français. Avec son départ, elle laisse en suspens un projet important : celui concernant la liberté de création artistique, l’architecture et le patrimoine, qui devait être examiné au Sénat le jour de son éviction. C’est donc à présent dans les mains d’Audrey Azoulay, son ancienne camarade de promo de l’ENA, que reposent les anciens dossiers de Fleur Pellerin ainsi que l’avenir culturel de la France. Déjà conseillère du président pour la Culture et la Communication, elle semble avoir les épaules pour le poste, qu’elle supervisait dans l’ombre. Sa proximité avec François Hollande lui permettra peut-être de redorer le blason de la Culture aux yeux mêmes du chef de l’Etat.

Michelle Mbanzoulou

Photo  (wikipedia) : Fleur Pellerin au festival d’Angoulême 2015

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