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Hemingway, le héros parisien

Partisan des républicains espagnols pendant la guerre civile, Hemingway agira comme correspondant pour la North American Newspaper Alliance. Très vite, il se fait connaitre par son engagement personnel auprès du camp antifranquiste. Un engagement qui va au-delà du journalisme puisqu’il n’hésite pas à prendre part aux combats, mangeant des oignons crus pour se remettre des émotions de la bataille. Ce grand de la littérature américaine avait prédit que l’arrivée de Franco au pouvoir affaiblirait les démocraties européennes et entrainerait la Seconde Guerre Mondiale.

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La devise d’Hemingway : « être toujours là où l’Histoire s’écrit » ! En effet, il débarque le 6 juin 1944 à Utah Beach, avec le 22e régiment d’infanterie de la 4e division américaine. L’auteur est correspondant de guerre, c’est à dire civil parmi les militaires. Il suit le 22e régiment pendant l’opération Cobra : la percée américaine qui avance vers la Bretagne, la Loire et atteindra éventuellement Paris.

Le débarquement

Mais Hemingway est un homme d’action, rapporter ne lui suffit pas, en août il prendra la tête d’un groupe FFI à Rambouillet pour se mêler aux combats et obtenir des informations classifiées. D’après l’historien Paul Fussel, le petit groupe de résistance d’Hemingway aurait pu coûter cher à l’auteur, étant donné qu’un civil n’est pas censé guider des troupes, peu importe s’il le fait très bien. En 1951 il tente de s’expliquer dans le New York Times en affirmant qu’il avait été autorisé à combattre par l’Inspecteur Général du troisième régiment. N’ayant qu’un article par mois à écrire, il souhaitait se rendre utile. Il affirmera à l’occasion avoir une certaine connaissance de la guérilla qu’il était heureux de mettre à disposition des alliés.

Le Ritz

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Mais le commandement de cette petite cellule ne lui suffit toujours pas, l’écrivain rêve d’être le premier américain à arpenter les rues de Paris libre. Il réussit à obtenir un rendez-vous avec le général Leclerc. Sa demande ? Une escouade pour marcher sur Paris et libérer l’hôtel Ritz, son palace parisien favori.

Lorsque je rêve de la vie après la mort, la scène se passe toujours au Ritz

Affirme l’auteur de Pour qui sonne le glas. Il ne supporte pas que « son » hôtel ait été réquisitionné par les Allemands en 1940. Dans une lettre à sa maîtresse Mary Welsh (qui deviendra en 1946 sa quatrième épouse), il s’offusque :

Ça me fout en rogne de penser à ces gens salopant notre belle chambre. La 612.

Hemingway ne comprendra jamais le refus glacial de Leclerc. Ses rêves ne se réaliseront pas. Il sera cependant présent ce 25 août 1944 quand les troupes marchent sur Paris. « En contrebas s’étendait, belle et encore grise, la ville que j’aimais le plus au monde. » De l’Etoile il se précipite place Vendôme, évitant les barricades. « Où sont les Allemands ? Je viens libérer le Ritz », lâche-t-il faisant irruption dans le hall du Ritz. Claude Auzello, director de l’hôtel lui répond froidement : « Monsieur, ils sont partis depuis très longtemps. Et je ne peux pas vous laisser entrer avec une arme. » Accablé, l’auteur charge vers le bar qui portera plus tard son nom. Lors de cette nuit historique il boira 51 dry Martini ! Le chef barman raconte avec émotion cette soirée : « Il donnait des instructions avec une telle autorité que beaucoup le croyaient général

Paris est une fête

Il oubliera de reprendre les deux valises contenant les notes prises quand il vivait à Paris et abandonnées au Ritz en 1927. Il ne les récupère qu’en 1956, lors de son dernier séjour. Ces notes seront la base pour son dernier roman, Paris est une fête, paru en 1964, trois ans après son suicide au fusil de chasse. Chant d’amour à sa première femme et à la Ville Lumière des Années folles, « quand nous étions très pauvres et très heureux ».

Il gardera beaucoup de nostalgie pour son séjour au sein des troupes américaines et résistantes. Il écrira un jour à Marlène Dietrich: « j’ai été vraiment amoureux dans ma vie, de cinq femmes, de la République espagnole et de la 4e division d’infanterie. » Le cri de liberté d’Hemingway résonne jusqu’à nous jours. Vingt ans après la libération sortait Paris est une fête, devenu hymne à la liberté après les attentats du 13 novembre dernier atteignant le numéro 1 des ventes sur Amazon.fr

Anais Ornelas

 

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