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Entretien avec Gilles Legardinier

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Favori des librairies et des tables de chevet françaises depuis quelques années, l’auteur des livres aux couvertures de chats s’est entretenu avec Lecthot. Demain j’arrête!, Complètement cramé, L’Exil des anges, Quelqu’un pour qui trembler… Rencontre avec un écrivain passionné.

Lecthot : Vous êtes l’auteur de 9 romans publiés entre 2002 et aujourd’hui, qui se vendent à plus de 4 millions d’exemplaires, quelle est votre recette ? Quelles sont vos inspirations et comment arrivez-vous à tenir ce rythme ?

Gilles Legardinier : Mon inspiration, c’est la vie, c’est ce que je vois, ce que je ressens. J’essaie d’en faire des histoires qui sont comme des fables, qui peuvent être légères dans la forme mais qui, je l’espère, ont un sens, et qui portent mon émotion. Visiblement, ça amuse les gens et ça les touche, mais je n’ai pas de recette. Je pense que dès que l’on a une recette quand on fait ce genre de travail, que ce soit de la chanson, de la sculpture ou de l’écriture, ce n’est plus une passion, nos créations deviennent juste des produits et on devient épouvantable ! Je ne sais pas ce que valent mes livres, mais ils sont sincères. J’aime emmener les gens au-delà de leurs prévisions, même si les livres ne parlent jamais de moi, ils puisent leur matière dans ce que je suis et dans ce que j’ai vécu.

L. : Vous avez commencé par écrire des thrillers, puis des comédies : vous reconnaissez-vous davantage dans le genre comique ou souhaitiez-vous simplement “varier l’exercice” ?

G.L. : J’ai écrit des thrillers parce que je suis très “garçon”, je n’aime pas m’ennuyer, ni dans les livres ni dans les films : j’ai besoin que ça aille vite et que ça fasse des dégâts, ça m’amuse beaucoup. Mes proches m’ont dit que mes thrillersétaient très bien, mais qu’ils aimeraient lire des livres aussi déjantés que ce que je suis dans la vie.
J’ai finalement osé la comédie, je ne pensais pas que ça marcherait. J’ai pensé la couverture en m’amusant, j’ai pensé le texte en m’amusant, j’étais plus à l’aise pour défendre les comédies que les thrillers parce que je suis un garçon plutôt ouvert et jovial. Elles ont finalement eu plus de succès que les thrillers, donc j’ai décidé de continuer dans cette veine-là. Le prochain est un livre d’aventure un peu thriller, celui d’après sera une comédie, celui d’après une science-fiction… Je raconte des histoires auxquelles je crois.

L. : Décidez-vous à l’avance du genre dans lequel vous allez vous exercer ou vous arrive-t-il de vous laisser totalement porter par votre histoire et par votre écriture ?

G.L. : Vous savez mes histoires vieillissent en moi pendant des années avant que je décide si oui ou non elles peuvent intéresser les gens, et si ça vaut le coup de les déranger avec ce que je fais. J’ai des centaines d’histoires qui me viennent tous les jours en tête, heureusement il n’en reste rien le lendemain, sauf certaines qui sont un peu comme des embryons, des graines qui s’accrochent et poussent. Lorsqu’un an et demi après ces dernières me font encore rire pendant que je suis sous la douche, que je tonds la pelouse ou que je sors les poubelles, je me dis que ça commence à valoir le coup.

L. : Dans plusieurs de vos romans, notamment dans Quelqu’un pour qui trembler, il semble qu’il y ait une quête d’identité assez présente de la part des personnages : est-ce un thème qui vous tient à cœur ?

G.L. : Je crois que tout le job dans une vie consiste à trouver sa place. A découvrir qui l’on est, et ce que l’on peut faire dans le monde qui nous entoure. C’est vraiment un chemin qu’on fait tous, avec plus ou moins de succès, plus ou moins de difficultés, de doutes, de soutien, de malchance… Mais c’est vraiment le seul chemin de la vie. Une fois que l’on est en situation de savoir à peu près qui l’on est, et d’occuper la place qui nous paraît être la plus adaptée, alors on commence vraiment à agir. Donc forcément, pour moi, une histoire qui ne parle pas de cela (notre colonne vertébrale à tous), on n’y fait pas attention. Si une histoire sert juste à faire exploser des voitures, courir après des filles ou sauter du haut d’une falaise, ça ne sert à rien.

L. : Certains de vos romans vont être adaptés au cinéma, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

G.L. : Quatre de mes romans vont être adaptés en effet, ils sont en route, très doucement, je prends mon temps ! Ils ne sortiront pas avant plusieurs années, on attend des acteurs, mais ça se passe très bien. Je travaille dans le cinéma depuis plus de 30 ans maintenant, et je crois aux rapports humains, je préfère travailler avec des gens que j’aime plutôt quelque soit leur degré de renommée ; j’ai eu la chance d’en rencontrer énormément à travers mon métier. Personne ne m’attend, tout le monde se fiche de ce que je vais faire, donc cela me donne l’occasion de travailler au mieux, ça s’annonce plutôt réussi !

L. : Auriez-vous des conseils pour les auteurs de Lecthot qui cherchent à promouvoir leurs manuscrits auprès d’éditeurs ?

G.L. : Le seul conseil que je peux donner aux gens qui écrivent, c’est : n’écrivez rien si ça ne vous est pas viscéralement vital. N’écrivez que ce en quoi vous croyez, jamais un mot de trop, jamais une phrase pour « faire style ». Ne considérez jamais que votre génie n’est pas découvert, et que c’est les autres qui feront de vous une vedette. Il faut savoir pourquoi on fait les choses, et pour écrire, il faut vraiment que ça vous brûle le ventre.

Propos recueillis par Océane Viala

Crédits photo : © Vincent Colin pour Coming Soon prod

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