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Entretien avec Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles 

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En 2014, Olivier Bourdeaut s’inscrit sur lecthot.com pour promouvoir auprès des éditeurs son premier roman, En attendant Bojangles. Le 7 janvier, En attendant Bojangles est édité chez Finitude, qui a reçu le manuscrit par la poste et a eu un véritable coup de coeur. Quelques jours plus tard, il s’inscrit dans les plus grands succès de la rentrée littéraire de janvier, pour le plus grand bonheur de Lecthot.

Lecthot : Pouvez vous nous raconter votre parcours ?

Olivier Bourdeaut : Mon parcours n’a rien d’académique. Je fus un vilain cancre indiscipliné et par conséquent renvoyé régulièrement des honorables institutions que je fréquentais. L’Education Nationale a donc eu l’amabilité de me rendre ma liberté assez vite, mais ayant redoublé énormément j’ai quitté l’école à un âge avancé doté d’un niveau parfaitement bas. Puis j’ai échoué dans l’immobilier en sautillant gaiement pendant dix ans. J’ai toujours eu une notion décomplexée de l’échec. J’étais un perdant satisfait. À partir du moment où j’ai voulu me lancer définitivement dans l’écriture, je me suis souvent trouvé obligé de travailler pour gagner ma vie.

J’ai donc travaillé dans les marais salants en tant que cueilleur de fleur de sel de Guérande mais au Croisic, un métier dur effectué dans un cadre magnifique et très poétique. J’ai été également ouvreur de robinets sur un chantier d’hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires. Je voyais partout autour de moi les livres qui m’avaient torturé lorsque j’étais écolier. Je tiens à souligner que j’ai accompli ces missions avec une incompétence constante, avec la bienveillance aveugle de mes employeurs !
Crédits photo : Stéphanie Billarant

L. : Dans quelles conditions écrivez-vous ?

O.B. : J’écris toujours en Espagne, chez mes parents. J’ai le luxe de disposer d’un petit appartement dans les montagnes avec une vue sur un bout de mer. Comme beaucoup d’auteurs j’imagine, j’ai un rituel et des manies. Je me lève à 5H30 tous les matins. Je fais couler le café préparé la veille, je m’allume une bougie, je mets de la musique, souvent la musique qui correspond à ce que je souhaite écrire. Puis je relis mon travail de la veille en fumant et en buvant du café-pétrole, je corrige, j’essaie d’améliorer mon texte puis je commence l’écriture. La veille, avant de m’endormir, je réfléchis toujours à la direction que je veux prendre.

Je cherche les mots qu’il me faut, une situation, une phrase, ainsi lorsque je commence j’ai une amorce qui est généralement suffisante pour dérouler mon histoire. J’écris la plupart du temps jusqu’à 9H30 puis je pars faire une revue de presse sur le bord de mer. Mais il arrive que je sois dans de bonnes dispositions, dans ce cas-là j’écris le plus possible. Je ne dépasse jamais les six heures d’écriture de suite, je suis pénalisé par une consommation vigoureuse de tabac et de café qui me met à genoux au delà de ce délai! Je retrouve mon texte en fin d’après-midi, et corrige, développe pendant une heure ou deux.

L. : Une anecdote ? 

O.B. : De manière générale, il m’arrive de trouver sous la plume d’un auteur la description d’un sentiment mieux développée que je ne le ferai jamais, ça incite à la modestie.

L. : Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

O.B. : Il y en a beaucoup, mais il y en a un que j’aime énormément c’est L’envers du paradis de Fitzgerald, je l’ai commencé trois fois sans jamais le terminer car je crains la fin.Elle ne me fait pas peur mais j’ai peur d’être déçu. 

L. : Que souhaitez vous faire passer comme message à la communauté Lecthot ?

O.B. : C’est parfaitement banal et prétentieux comme message mais si je pouvais m’adresser aux éditeurs et aux auteurs je leur dirais « soyez audacieux ! »

Propos recueillis par Diane Daufresne

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