Fil d'actus
Accueil > Non classé > La couverture d’un livre détermine-t-elle l’achat ?

La couverture d’un livre détermine-t-elle l’achat ?

 

couverture-livre

« Don’t judge a book by its cover », conseillent les anglophones. En gros, « ne jugez pas un livre sur sa couverture », pour les plus francophones d’entre nous. C’est l’équivalent de notre « l’habit ne fait pas le moine » national. Mais est-ce un conseil avisé ?

La couverture d’un livre est la première chose qui croise le regard de l’acheteur potentiel lorsqu’il déambule distraitement entre les rayons d’une librairie. Dans certains cas, il est venu chercher un titre précis : c’est le lycéen qui a reçu une commande de son professeur de français, dont il se serait bien passé (on parle de la commande, évidemment !), ou bien l’homme d’affaires qui sait déjà que son bonheur se trouve au rayon des livres spécialisés, où il vient chercher La Bourse pour les Nuls.

Mais pour beaucoup de lecteurs, souvent des femmes, d’ailleurs, de tous âges et tous horizons, l’achat n’est pas forcément déterminé avant d’entrer dans la librairie. Car oui, il y a des gens qui aiment ça, acheter sur le coup de cœur, se laisser emporter par la passion littéraire, même si leur compte est dans le rouge et qu’ils ont rendez-vous avec leur banquier deux heures plus tard (pour information, 20% des lecteurs français choisissent leur achat uniquement sur le point de vente et 23% uniquement avant de se rendre sur le point de vente). Parce que lire un bon livre remonte toujours le moral, c’est bien connu. C’est pour cela que les éditeurs essaient de soigner leur couverture au maximum, pour donner envie. Bizarrement, peut-être, les romans un peu plus huppés, qui sont susceptibles d’obtenir un Prix Goncourt au mois de décembre de chaque année, mettent en avant des couvertures très épurées, souvent unies. Pour eux, on sent bien que la littérature n’est pas forcément synonyme de marketing. Chacun a droit à ses principes, quand même !

Belle couverture + bon lecteur = amour

Mais pour les autres, qui vivent avec leur temps, la couverture est une priorité absolue. On engage les meilleurs designers, on fait des études de marché, on demande l’avis d’un groupe d’étudiants aux Beaux-Arts… Tout est bon pour être au top. Et les lecteurs sont souvent sensibles à tout ce travail d’artiste. Rares sont ceux qui n’achètent un livre que pour sa couverture, mais ils existent, et ils pourraient sans doute être qualifiés d’esthètes, accordons-leur ça. Parfois même, ils ne lisent pas ces ouvrages et préfèrent les collectionner telles des œuvres d’art. Libre à eux.

Pour d’autres, la couverture joue un rôle d’aimant et attire irrésistiblement le regard. Alléchés par une promesse visuelle comme aucune autre, ils auront envie de lire la quatrième de couverture et de feuilleter le bouquin avec curiosité et enthousiasme. C’est souvent le cas pour les romans jeunesse ou éveil, parce que l’enfant voudra avoir un joli livre, que, en bons parents, on lui relira 50 fois. C’est vrai que, après tout, l’histoire est moins importante, dans ces cas-là, parce que les scénarios se ressemblent tous !

Mots vs images ? 1-0

Par contre, il y a ceux que le visuel n’atteint pas, peut-être parce que leur prof d’arts plastiques du collège, un peu fou sur les bords, les a traumatisés. Ils préfèrent donc privilégier le titre ou le nom de l’auteur (voire de la maison d’édition), qui sont quand même beaucoup plus révélateurs de la valeur d’un ouvrage. La couverture du livre est un critère d’achat pour 50% des lecteurs français, même si, chez les 15-24 ans, c’est 72%. En comparaison, le sujet du livre constitue pour 93% des Français un critère d’achat. Bon, eh bien, au combat des mots contre les images, on sait qui gagne (pour cette fois)…

Michelle Mbanzoulou

Commentaires :







Restons en contact !

Restons en contact !

Retrouvez le meilleur des dernières actualités, articles et interviews directement dans votre boîte mail ! 

Merci de votre inscription !