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La littérature industrielle du XIXe à nos jours

 

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À l’aube du colloque organisé par l’université de Caen, sur L’auteur et ses stratégies publicitaires au XIXe siècle, qui aura lieu le 4 et le 5 février, la notion de « littérature industrielle » apparue pour la première fois en 1839 dans le texte de Sainte-Beuve, resurgit.

LE NOUVEAU STATUT DE L’ÉCRIVAIN AU XIXe

Si jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’écrivain ne pouvait compter que sur ses ressources personnelles pour écrire, au XIXe siècle la figure de l’écrivain salarié apparaît pour la première fois. L’avènement de la publicité éditoriale (annonces, réclames, affiches) bouleverse profondément le rapport de l’écrivain à l’écriture. Les auteurs deviennent tributaires de l’industrie et nombre d’entre eux, tel Zola avec la publicité du vin Mariani, se livrent à ce nouveau mécanisme pour survivre. Les plumes sont asservies par l’exigence des commandes et des romans feuilletons, lancés par la presse pour accroitre le lectorat. Avec le Juif errant (Eugène Sue) le lectorat du Constitutionnel passe de 3000 à 40.000.
« Savoir vendre, pouvoir vendre et vendre* ! »S’offusquant contre la littérature commerciale tout en la pratiquant provisoirement dans les années 1820, à des fins alimentaires (sous les pseudonymes de Lord R’hoone ou Horace de Saint-Aubin) Balzac répond aux demandes de ses commanditaires Etienne Arago et Auguste Lepoitevin.
L’Académie Goncourt elle-même, créée dans le dessein de protéger la littérature de ces affres, cède à son tour et sombre dans l’engrenage du marché, devant l’accroissement des ventes généré par le prix Goncourt.
Les nouvelles lois de la « circulation littéraire » (Balzac), suscitent une vive réticence du côté des auteurs. Ces derniers luttent au nom de l’esthétisme contre l’industrialisation littéraire qui les dépossède de leur œuvre pour la reléguer au rang de marchandise.

*injonction placée par Balzac au seuil du second Gaudissart

LES STRATÉGIES COMMERCIALES DES AUTEURS

Pour ne pas demeurer esclaves du marché, les auteurs ont recours à des stratagèmes afin de continuer à diffuser la littérature pour elle-même.
Balzac fonde une maison d’édition en 1828 et une revue en 1838 (La revue de Paris) qui feront malheureusement faillite. Gautier prend quant à lui la direction de l’Artiste en 1856, et Péguy fonde une maison d’édition (La librairie socialiste).
L’on assiste ainsi aux prémices du déclin de la création littéraire, qui, soumise à des institutions variées et à des lois qui ne lui sont plus intrinsèques, voit sa valeur déprécier et l’ensemble de sa production s’uniformiser.

AUJOURD’HUI

De nos jours, l’objet-livre domine désormais la littérature contemporaine. Eric Vigne dans son essai, Le livre et l’éditeurdéveloppe la notion actuelle de « marchandisation du livre » contre celle, révolue, de « commercialisation » amorcée par Gutenberg. La marchandisation standardise le livre et le dépossède de son contenu. Une œuvre ne s’écrit plus, elle s’écrit pour se vendre. « La marchandisation, c’est par l’aval du marché, la captation de l’amont de la conception, de l’idée, de l’écriture du livre (…) c’est le formatage du produit pour le grand échange marchant. » Le livre et l’éditeur, Eric Vigne.

LA PAROLE AUX EXPERTS

Pour aller plus loin : colloque international, 4-5 février 2016, Université de Caen « L’auteur et ses stratégies publicitaires au XIXe siècle »

Valentina Colombo

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