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Le premier roman de Georges Perec édité 34 ans après sa mort

À 21 ans, Georges Perec écrit L’Attentat de Sarajevo mais le roman est refusé par les maisons d’édition et l’auteur finit par égarer son tapuscrit. Retrouvé aujourd’hui par un membre de sa famille, le manuscrit a été publié aux éditions du Seuil le 6 mai.

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Les débuts de Georges Perec

Georges Perec est découvert par la critique et le grand public grâce à son roman Les Choses, publié en 1965 et récompensé par le Prix Renaudot. Cependant, quelques années plus tôt, en 1957, l’auteur, alors étudiant en histoire, s’attèle à l’écriture de son premier roman qui lui prendra 2 mois. Refusé par plusieurs maisons d’édition, l’écrivain oublie son projet de publication et égare son tapuscrit. Trente-quatre ans après sa mort, il est retrouvé par sa cousine Ela Bienenfeld et publié aux éditions du Seuil.

Georges Perec selon Claude Burgelin

Claude Burgelin, professeur de littérature contemporaine et auteur de la préface de L’Attentat de Sarajevo est formel, il s’agit bien là d’un roman de George Perec :

« 1957. Georges Perec a vingt-et-un ans. Il est un étudiant (en histoire) qui n’étudie plus. Il voudrait écrire, n’y parvient guère. En juin 1956, il commence une psychanalyse. Fin juillet 1957, il part pour la Yougoslavie. Le 8 septembre, à peine revenu, il rédige dans l’urgence un roman tout imprégné de son expérience yougoslave,L’Attentat de Sarajevo. C’est un galop d’essai mené au galop. C’est, littéralement, son premier « Cinquante-trois jours »Tel Stendhal dictant La Chartreuse de Parme en cinquante-deux jours, il dicte le livre à une de ses anciennes camarades du lycée d’Étampes. Le tapuscrit, perdu, n’a été retrouvé qu’après sa mort.

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Lecteur, c’est avec un Perec inattendu que tu vas faire connaissance. Frôlant le roman d’analyse psychologique, esquissant une histoire d’amour et de jalousie, c’est avec le scénario Hamlet que se débat l’auteur-narrateur, un « je » quasiment au premier degré, oscillant entre récit autobiographique et fiction.
L’attentat de 1914 fit s’embraser l’Europe ; celui de 1957 reste un fantasme, dont le narrateur, en bon flaubertien, ne serait sans doute pas loin de penser que c’est « ce que nous avons eu de meilleur ».
Dans les multiples branches de l’arbre Perec, beaucoup de lecteurs se sont délectés à grimper ou se nicher. En voici une des racines. Elle plonge loin ? dans des terreaux que Perec n’a plus guère remués par la suite.
Ce roman se trouve publié près de soixante ans après sa rédaction. L’édifice Perec est dorénavant bien connu. Il nous importe donc de mieux savoir sur quelles fondations il s’est construit.»

Fanny Kalinine

 

 

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