Fil d'actus
Accueil > Non classé > Les clichés sur les études littéraires

Les clichés sur les études littéraires

Les études littéraires sont une voie largement incomprise. Dès le lycée, l’opinion générale tend à penser qu’un élève qui entame une filière L le fait soit par contrainte, soit parce qu’il a décidé de saborder son avenir. Ce qui, dans tous les cas, est tout sauf valorisant pour les concernés. Pourtant, en dépit des vilaines étiquettes qu’on leur colle sur le front, ces profils disposent d’un potentiel insoupçonné ! Lecthot vous présente aujourd’hui les stéréotypes les plus tenaces sur les parcours littéraires…

fac-lettre-illustration-drole

« Ils ont fini en L parce qu’ils savaient rien faire d’autre, ces flemmards ! »

Selon beaucoup de personnes, il est clair que les lycéens atterrissent en filière L par défaut. Incapables d’intégrer une section légitime où l’on travaille vraiment, (Comme un bac Scientifique ou Economique et Social) ils n’ont eu d’autre choix que d’opter pour un bac Littéraire, la classe des feignasses de niveau olympique. De toute manière, s’ils n’acceptaient pas leur sort, l’établissement les expulsait. Après tout c’est facile la filière L ! Pas d’équations à trois inconnues ou d’enjeux économiques complexes : non, seulement de la littérature, de la philo, des langues, de la philo, de l’histoire/géographie et pour changer, de la philo. Et comme chacun le sait, il n’est rien de plus logique, objectif et prévisible qu’une note d’examen de Philosophie. C’est même à se demander pourquoi l’ensemble des candidats ne décroche pas un beau 18 dans cette matière ! (Question rhétorique : tout le monde sait que les correcteurs du bac philo notent leurs copies en fonction de leur score aux fléchettes…)

« Ça sert à rien leurs études, ils n’ont pas d’avenir : ils finiront sans travail et alcooliques ! »

La blague est célèbre dans le milieu lycéen : les S fabriquent les cartons, les ES les vendent et les L dorment dedans. Ignorant superbement cette charmante réputation, quelques bacheliers décident de persister dans leur statut de bons à rien en intégrant une université de Lettres. (Abandonnant au passage tout espoir de savoir compter un jour…) Ils grimpent donc d’un cran sur l’échelle du destin tragique, passant de simples « futurs chômeurs » à « futurs écrivains marginaux dépressifs noyant leur chagrin dans la bière entre deux refus de manuscrits, car t’façon personne ne les comprend et ce monde n’est pas prêt à accueillir leur génie ». En guise d’échappatoire, ils jouissent de la possibilité de devenir enseignants dans ces mêmes universités de Lettres. Ils se spécialisent généralement dans des domaines dont personne n’a compris l’intérêt, mais cela n’est pas grave… En effet, ils auront ensuite pour tâche de former de futurs enseignants, qui enseigneront eux-mêmes à de futurs enseignants, perpétrant ainsi la boucle infinie.

Les étudiants les plus masochistes, eux, choisissent de renoncer à leur vie sociale en optant pour une prépa littéraire : le fameux combo « Hypokhâgne-Khâgne ». Les rares survivants ne sont plus tout à fait les mêmes… Tout porte à croire qu’ils ont au passage été embrigadé dans un complot, puisque c’est bien connu, les littéraires projettent de redorer leur blason en dominant le monde. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, la librairie du coin organise de chouettes dédicaces.

« Mais en gros tout ce qu’ils font c’est lire des livres, non ? »

Oui.

Non, je déconne, ils ne les lisent pas. (Cf : premier cliché) Au mieux ils les explorent en diagonale dans le métro, au pire ils retournent tout Wikipédia la veille pour avoir de quoi noircir la copie. Les professeurs d’études supérieures ont la fâcheuse tendance à confondre leurs élèves avec des robots, oubliant qu’il leur arrive de dormir, de manger et même de prendre des douches. Résultat : les malheureux ont beaucoup TROP de livres à lire par rapport à leur temps de veille, et ce n’est tout simplement pas possible de tout assimiler de A à Z ! Il est donc nécessaire de trouver des parades… C’est pourquoi outre lire, relire, construire des châteaux en piles de livres, et se prendre des livres en pleine poire suite à l’écroulement de leur château en piles de livres, les étudiants de Lettres innovent sans cesse pour venir à bout de leurs galères livresques. Ce sont de véritables warriors, parés à tout affronter !

N’oubliez pas que les études de lettres ne forment pas que des auteurs torturés : elles forment aussi tous les gens qui les vendent !

Camille Launay

 

 

 

 

 

Commentaires :







Restons en contact !

Restons en contact !

Retrouvez le meilleur des dernières actualités, articles et interviews directement dans votre boîte mail ! 

Merci de votre inscription !