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Quel écrivain êtes-vous ?

 

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Les écrivains sont ces créatures un peu dérangées qui se créent des manies, parfois inconsciemment, parfois délibérément. Quel est leur profil ? Petit voyage au pays des auteurs.

On le sait depuis que la science l’a prouvé : les écrivains ont des problèmes. De gros problèmes. Non contents d’avoir choisi le métier le plus banal de la terre (comment ça, ils ont été élus ?), ils développent en plus des manies à tendance obsessionno-compulso-bipolaire qui peuvent faire un peu peur. Mais si on a des manies, c’est qu’on est un vrai écrivain, non ? Un sage a dû le dire un jour, et il avait sûrement raison. Alors, quels sont les différents profils d’écrivains ?

L’ancêtre

C’est celui qui tient aux traditions, parce que l’ancien est gage de qualité ! Alors pas question de se laisser détourner de son talent par les nouvelles technologies. L’écriture, c’est sacré. Les machines à écrire aussi. Quoi de mieux que ce vieil instrument qui a fait le bonheur de nos aïeux au tout début de sa commercialisation en… 1870, quand la « Writing ball » ou « Skrivekügel » (machine adoptée par Nietzsche en 1882) de ce cher Rasmus Malling-Hansen a rejoint les rayons ? Si vous ne le connaissez pas, passez votre chemin, malotru ! Les vrais ancêtres remercient ce génie ainsi que ses prédécesseurs, tel Henry Mill, premier inventeur de machine à écrire à avoir reçu un brevet en 1714. L’histoire, il n’y a rien de plus vrai. Et la sensation de ces touches venant d’un autre temps, d’une autre époque, d’une ère où chaque lettre avait de la valeur, eh bien cela n’a pas de prix. Car comme l’a dit Henry de Montherlant, « un piano, une jeune fille et une machine à écrire, pour avoir un bon usage, doivent avoir été travaillés ». Eh oui, rien n’arrive sans effort !

L’artiste

Vous en connaissez au moins un. L’écrivain artiste, c’est celui qui rédige d’abord à la main. L’écrivain artiste, c’est celui qui s’émerveille tout le temps des courbes que forment les lettres lorsque la plume a été appliquée à 45 degrés sur le papier, dont la couleur tient plus du blanc ivoire que du blanc insipide. L’écrivain artiste prend son temps, il n’est pas pressé. Qui a dit qu’on vivait à une époque supersonique ? Hors de question de se précipiter : il faut savourer chaque seconde, tandis que la plume glisse avec grâce et légèreté sur la feuille soyeuse, que caresse gentiment, parfois frénétiquement, l’hypothénar d’une main mue par sa propre volonté. Si vous n’avez rien compris, c’est que vous ne comprenez rien aux artistes. Quoi de plus beau qu’un cahier – quand on est un vrai artiste, on prend des feuilles volantes, sachez-le ! – noirci de ses pensées de génie, du chef-d’œuvre que l’on gardera toujours près de soi, car le papier est éternel ? En tout cas, Malraux a dit « le fou copie l’artiste, et l’artiste ressemble au fou ». À méditer…

Le contemporain

C’est le plus répandu. Le contemporain, c’est celui qui ne peut se départir de son ordinateur parce que, honnêtement, c’est la plus belle chose que la terre ait jamais portée. L’ordinateur, c’est ce qu’il y a de plus rapide au monde pour écrire. Les doigts claquent sur les touches au rythme des pensées, sans la moindre transition. Le petit cliquetis qui accompagne chaque lettre prouve que le projet avance, et rien n’est plus jouissif pour tout contemporain qui se respecte. On ne perd pas de temps avec des retranscriptions inutiles qui rendent la tâche interminable : on est plus efficace, plus productif, plus dans l’air du temps ! Et puis, on est affranchi des contraintes matérielles, ce n’est pas négligeable ! Une feuille volante qui se perd ou qui se tache, un stylo qui bave sur un paragraphe entier, un porte-mine qui n’a plus de recharge, c’est chez l’artiste ! L’électricité, il n’y a rien de plus fiable. Seulement, il faut rappeler que Steve Jobs lui-même a dit dans un de ses discours : « Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. » Avouez quand même que les touches de clavier font un sacré vacarme !

L’innovateur

Lui, il est vraiment tourné vers l’avenir. Il n’a pas le temps de se poser des centaines de questions concernant son support d’écriture. Il a déjà tranché : ce sera sa tablette ou son smartphone, et puis c’est tout ! Ces deux instruments ont le mérite de ne pas prendre trop de place, contrairement aux outils de prédilection des autres profils. Lui, il est connecté à toute heure du jour et de la nuit. Dès qu’une idée lui vient en plein songe, telle une révélation, il lui suffit de s’emparer du téléphone paisiblement endormi près de lui, et les mots coulent telle une rivière sans barrage. L’inspiration ne tient plus qu’à une application, et peut-être que le best-seller aussi. En plus, le smartphone peut s’emporter n’importe où. Si, comme Zola, on est inspiré par les becs de gaz des rues de Paris, on peut dégainer son portable et se lancer dans une session rédactionnelle, en pleine rue, quitte à se faire bousculer. Parce que quand on écrit, on est dans une bulle, et tant pis pour les impatients !

Mais parce que les écrivains sont plus sujets à la bipolarité que les autres, il leur arrive aussi d’adopter plusieurs profils à la fois, selon le texte et l’humeur, que l’on sait très changeante chez ces gens-là. Selon Juvénal, « l’inconstance fut toujours le caractère des méchants »… Méchantes, ces bêtes-là ? Non, juste géniales.

Michelle Mbanzoulou

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