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Et si les livres prenaient le métro ?

 

Le livre prend le métro

Et si les livres prenaient le métro ?

 

Pour ceux qui ont la chance de prendre le métro matin et soir, ce moyen de transport ô combien génial que Queneau nous a fait aimer dans Zazie dans le métro – mais aussi pour les autres –, voici un petit article sur les profils des lecteurs du métro.

Depuis 1900, le métro ponctue la vie des Parisiens, entre surprises et déconvenues, apportant un peu de piment à un quotidien parfois bien terne. Mais il en est de même pour les autres villes à métro (et tram), on n’est pas ethno-centrés ! Et comme le métro fait partie de la famille, on se met à l’aise en son sein, et on lit. Il ne manque plus que la tasse de thé… Qui sont donc les lecteurs du métro ?

Le businessman

Lui, il ne faut pas l’embêter. Le businessman est pressé, il contribue à la croissance économique de notre pays, il a des choses sérieuses et urgentes auxquelles penser ! Alors vous imaginez bien que sa lecture ira à l’essentiel ! On n’a pas de temps à perdre en littérature générale quand on doit sauver la Finance. Donc, entre deux conversations téléphoniques animées, on lit Les Échos, L’Agefi, Le Nouvel Économiste, Le Monde économie et Le Figaro économie, le tout sur son smartphone dernier cri qu’on changera dès que le prochain sortira, parce que le pouvoir d’achat, c’est important. Tout en pestant vertement, on profite de ce que le train soit arrêté à quai pendant une dizaine de minutes pour s’aventurer sur les pages plus politiques de certains journaux.

La working girl

Elle est presque aussi occupée que le businessman. Elle aussi participe à la croissance économique, sachez-le ! Mais son esprit est moins tourné vers les chiffres, et elle ne s’enquerra de la bourse que si elle y a été forcée, ou en perspective d’une promotion qui n’arrivera jamais parce que le patron préfère sa secrétaire. Bref. Elle lit plutôt les journaux généralistes, donc Le Monde, Le Parisien, Metro, Direct matin et 20 minutes. Si la working girl est une provinciale, Sud-Ouest, La Dépêche du Midi, L’Est républicain, La Voix du Nord et j’en passe, lui conviendront tout à fait. L’important est avant tout d’être à la page. Mais si elle a un livre à dégainer, qu’elle promène dans son sac partout où elle va, c’est bienLa femme parfaite est une connasse !

La fashionista

Elle est habillée tendance, sans doute avec une pièce rouge bordeaux, car c’est LA couleur de cet hiver 2015-2016. Ses sourcils sont dessinés, son eye-liner et son contouring sont impeccables et sa manucure flatte sa carnation. Elle ne travaille dans la mode que depuis un an, mais elle se voit déjà styliste attitrée de Beyoncé. Car dans la vie, il faut rêver. Même si pour l’instant elle n’est encore assignée qu’à répondre au téléphone et à subir les foudres de sa patronne, elle ira loin, personne ne l’en empêchera. C’est pourquoi elle s’informe sans relâche de la mode, grâce à Elle, Vogue, Glamour, Stylist, Grazia, et bien d’autres. Les photos sont juste géniales, d’ailleurs. Et si elle devenait photographe ?

Le boutonneux

Il est encore au lycée et doit bosser son bac de français, entre autres. Il a aussi des commentaires composés à rendre et des exposés à préparer sur des types qui ont écrit il y a genre trois-quatre siècles et qui, sérieux, auraient mieux fait de jouer à la console que de pondre ces pages incompréhensibles. Mais bon, il veut quand même avoir de bonnes notes – du style 10,5 – pour que ses parents lui lâchent les basques. Alors s’il faut se coltiner Madame Bovary, Œdipe Roi, Candide, L’Étranger, L’Assommoir, L’Odyssée, et tous ces trucs, autant le faire dans le métro où on s’ennuie vachement… Mais on se passe quand même du bon son dans les oreilles, parce qu’il ne faut pas abuser, non plus !

Le passionné

C’est un littéraire pur : les livres, il adore ça. Il baigne dedans depuis sa naissance ; d’ailleurs, le premier mot qu’il a prononcé n’était pas « papa » mais « Proust » (non, pas « prout » !), et il ne voit aucun inconvénient à lire sans arrêt. Même s’il est très occupé, il trouve quand même, tous les soirs, le temps de s’adonner à sa passion, mais les transports en commun sont l’occasion pour lui d’allier l’utile à l’agréable. Il s’est même constitué une pile à lire spéciale Métro, parce que c’est plus organisé, et aussi plus marrant. Alors pour le métro, ce sera quelques grands classiques commeVoyage au bout de la nuit, Le tour du monde en 80 jours, L’Écume des jours ou encore Notre-Dame de Paris, mais aussi des titres plus contemporains, comme Au revoir là-haut, Pas pleurer ou encore Boussole.

Les retraités

Eux, ils sont vraiment mignons. Ils sont à la retraite depuis quelques mois à peine et ils ne se lâchent plus d’une semelle. Qui a dit que les couples de vieux se détestaient ? Non, nos retraités du métro, ils s’adorent, à tel point que leurs lectures se font à deux. Comme ils ont décidé de faire le tour de Paris, puis le tour de la France, puis le tour du monde, ils lisent beaucoup de guides touristiques et de livres pratiques. Ils font aussi des mots croisés et des mots fléchés. Les sudokus, c’est devenu plus rare, mais le Japon est un pays si agréable qu’ils se feront une joie d’y rejouer entre deux visites des temples de Tokyo ! L’important pour eux, c’est d’être ensemble. Que c’est beau, l’amour !

Michelle Mbanzoulou

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