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Les livres de chevet de nos héros

Dans son pamphlet De l’horrible danger de la lecture, Voltaire nous prévient ironiquement : la lecture « tend évidemment à dissiper l’ignorance, qui est la gardienne et la sauvegarde des États bien policés. ».  Quels sont les livres de chevet de nos héros favoris ? Quelle action ces textes ont-ils sur eux ?

Don Quichotte, Amadis de Gaule

On connaît tous l’histoire de ce personnage rendu fou par les livres. Pour faire passer le temps, dans son petit village de Castille où rien ne se passe, Don Quichotte se met à lire des romans de chevalerie. Il en lit un, puis deux, puis trois. Bientôt, il a amasse tant de livres que les murs de sa bibliothèque ne sont plus visibles, cachés par tous ses volumes. Confondant fiction et réalité, Don Quichotte pense qu’il se trouve au Moyen Âge et aspire à suivre son héro littéraire favori, le chevalier errant Amadis de Gaule, du roman de chevalerie au titre éponyme. Le pauvre Don Quichotte ne se rend pas compte qu’il n’a plus vraiment la même force physique que ce chevalier. Sa noble monture n’est plus que le vieux Rocinante, son casque un entonnoir de barbier, son compagnon de route le paysan Sancho Panza sur son mulet, les châtelains qui lui offrent l’hospitalité des aubergistes et sa belle Dulcinée qu’une vulgaire villageoise qu’il ne connaît même pas…

Emma Bovary, Paul et Virginie

Emma Bovary est envoyée au pensionnat religieux de jeunes filles pour compléter son éducation. Si elle est transportée par la prose grandiloquente de Chateaubriand dans Le Génie du Christianisme, qu’on lit aux jeunes pensionnaires tous les dimanches, la jeune fille s’intéresse à d’autres livres que ses lectures religieuses ou ses missels poussiéreux. En jeune fille romantique, elle lit des histoires d’amour en cachette. Son classique préféré : Paul et Virginie. Des livres néfastes selon sa future belle-mère, qui n’a peut-être pas tort. Rêvant de vivre des aventures romanesques comme une héroïne de roman, Emma est d’autant plus profondément déçue par sa vie provinciale et son mari médiocre… Le séduisant et riche Rodolphe correspond bien mieux aux héros de romances… Et voyager jusqu’à Rouen toutes les semaines pour y voir son amant Léon avec le risque d’être démasquée, n’est-ce pas bien plus palpitant que de rester faire de la broderie à la maison ?

Catherine Morland, Les Mystères d’Udolphe

Des châteaux hantés, des passages secrets, des énigmes insolubles, des couloirs sombres, c’est tout ce dont rêve Catherine Morland, l’héroïne de Northanger Abbey, de Jane Austen. Le soir, à la lueur de sa bougie, elle lit Les Mystères d’Udolphe, un roman gothique d’Ann Radcliffe qui la tient en haleine. Lorsque Mr Tilney et sa sœur l’invitent dans la demeure de leur père à Northanger Abbey, l’héroïne à l’imagination débordante ne tarde pas à inventer à la paisible abbaye et à ses habitants un passé aussi terrible que celui du manoir d’Udolphe. Mais d’ailleurs, la feuille de parchemin que Catherine découvre dans ce qui ressemble à un passage secret dans l’abbaye, quelle confession terrible pourra-t-elle lui révéler ? Et pourquoi la mère des enfants Tilney n’est-elle jamais mentionnée ? Sa mort aurait-elle pu être un meurtre ? Et le meurtrier…le respectable Mr Tilney père ?? Ah là là, Miss Morland, les romans vous sont vraiment montés à la tête !

Julien Sorel, Le Mémorial de Saint-Hélène

Si votre livre de chevet est le même que celui de Julien Sorel, vos goûts littéraires sont plutôt excentriques ! Le Mémorial de Saint Hélène écrit durant l’exil par son idole Napoléon Bonaparte, est la bible de Julien. Un sous-lieutenant devenu empereur a de quoi faire rêver le petit provincial ambitieux. Julien s’inspire de ce livre qui lui apprend à se servir des femmes pour grimper l’échelle sociale. Chacune de ses séductions, il les planifie selon les stratégies de guerre napoléonienne.

Matilda, Les grandes espérances

Cette petite fille extraordinaire comble le manque d’amour de ces parents et de son frère en se réfugiant dans la lecture. Elle apprend à lire seule, grâce au livre de recettes de sa mère, le seul livre de la maison. Bientôt, elle va à la bibliothèque et lit Le jardin secret de Frances Burnett, Moby Dick d’Herman Melville, et son livre préféré : Les grandes espérances de Dickens qui lui donne un véritable amour pour la littérature. Un peu rageant quand même quand on pense qu’à cinq ans l’enfant avait déjà lu Hemingway, Greene, Orwell et Ulysse de James Joyce, que les doctorants en littérature eux-mêmes ont parfois du mal à appréhender. Par ailleurs, il semblerait que cette lecture boulimique lui a donné des pouvoirs psychokinétiques : en utilisant sa concentration exceptionnelle, elle est capable de faire bouger des objets avec son regard. Génial, non ? Alors, à vos livres ! On ne sait jamais…

Ashley Cooper

 

 

 

 

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