Fil d'actus
Accueil > Non classé > Les livres qui tuent

Les livres qui tuent

Le livre est un objet étonnant recelant de nombreux usages. Si certains d’entre eux s’avèrent moins nobles que d’autres, ils n’en demeurent pas moins extrêmement utiles. En effet, bien que le livre ne soit pas considéré comme une arme blanche, il est à l’origine d’exterminations massives de moustiques, araignées et autres petites bêtes ayant commis la terrible erreur d’investir les demeures de lecteurs assidus. Tour d’horizon des types d’ouvrages propices à se débarrasser des importuns à six, huit, voire mille pattes…

livre-arme

Le livre de chevet

L’utilisation de son livre de chevet comporte une multitude d’avantages. Etant donné qu’il se trouve à portée de main, il octroie tout d’abord à l’utilisateur une réactivité optimale face à la menace. Puisqu’il s’agit généralement d’un roman ou de l’autobiographie d’une célébrité oubliée, le volume est assez léger et maniable pour être lancé au plafond avec aisance. En outre, il sera le moins douloureux à recevoir sur ses pieds en cas de chute mal anticipée. Si l’on souhaite garder une distance raisonnable avec l’intrus, projeter le livre à travers la pièce est aussi une option viable. (Notamment si l’agresseur possède des ailes !) Toutefois cette démarche requiert de savoir viser et de posséder la force suffisante pour compenser le manque de poids du livre.

Le dictionnaire

En cas d’envahisseur plus coriace, le dictionnaire se présente comme une arme de choix. Compact et lourd, il garantit la décimation rapide et définitive de la cible. Contrairement au livre de chevet, dont on se préoccupe un minimum de l’état, la vision d’un dictionnaire dégradé n’apitoie personne. L’explication est que depuis l’avènement de ses versions numériques, le volume papier a perdu son statut de détenteur absolu du savoir pour être relégué à la fonction de cale-porte. Ceci présente un avantage non-négligeable pour l’utilisateur, qui, libéré de toute contrainte dictée par sa morale et son amour des livres, peut se livrer à de véritables génocides.

L’annuaire

Ce type d’ouvrage, souvent reclu au fond d’un tiroir depuis le siècle dernier, couple magistralement les avantages du livre de chevet et du dictionnaire. Autrement dit, non seulement le format de l’annuaire permet à tous de le catapulter en haut d’un lustre, mais son contenu est tout à fait désuet. En somme, il n’est guère nécessaire de se préoccuper des nouvelles blessures de guerre qu’il arbore après un énième vol plané. Il est conseillé de l’extirper dès à présent de son amoncèlement de vieux dossiers en prévision de futures offensives.

L’encyclopédie

Pour une action destructrice à plus grande échelle, on privilégie l’utilisation de l’encyclopédie. Son format large permet de laminer d’un seul coup une famille entière de viles bestioles. Toutefois, le maniement de ce pesant ouvrage nécessite une maîtrise déjà avancée de l’art du meurtre livresque, ainsi qu’une paire de bras musclés. Notez également l’existence de l’atlas, une variante procurant de par son contenu une sensation de grandeur conquérante à l’utilisateur. Qui n’a jamais rêvé d’anéantir un moustique avec une carte du monde ?

Le grimoire magique

Si l’invasion est trop massive pour être contenue via les procédés classiques, lancer un sort à l’aide d’un grimoire magique est l’ultime recours disponible. Quoique, le terme « disponible » est relatif, car cette solution ne fonctionne que si l’on est un sorcier. Mais puisque la littérature recèle d’une abondance de preuves de l’efficacité de cette méthode, son évocation s’imposait.

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et n’importe quel ouvrage est en mesure d’accomplir la besogne. La réussite de la mission dépend moins du choix de l’arme que de la détermination du lecteur à annihiler les visiteurs nuisibles.

Camille Launay

Commentaires :







Restons en contact !

Restons en contact !

Retrouvez le meilleur des dernières actualités, articles et interviews directement dans votre boîte mail ! 

Merci de votre inscription !