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Les prodiges de la littérature française

Rimbaud

La littérature française a connu son lot de talents, et elle en voit poindre encore chaque jour. Si l’on pourrait croire que le génie de l’écriture vient avec le temps, l’entraînement et l’expérience, il existe des prodiges qui ont réussi, malgré leur jeunesse, à marquer le paysage littéraire.

La jeunesse est souvent gage d’audace et d’inconstance. Rimbaud lui-même avait écrit, dans son poème intitulé Roman : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. » Pourtant, nombreux sont les jeunes auteurs qui réussissent à donner de la voix et à se faire entendre, à adopter le regard sage et analytique que l’on attribue, bien souvent, aux personnes plus âgées, à faire preuve d’assez de recul pour produire des œuvres empreintes de talent.

Arthur Rimbaud

Il est sans doute le plus grand prodige que la littérature française ait jamais connu. Arthur Rimbaud, poète du XIXe siècle, a autant influencé son époque et ses contemporains que les générations suivantes, marquant la société de son style, que l’on nomme « rimbaldien », tant c’est un univers singulier et inclassable. Déjà à l’âge de 11 ans, à peine entré en sixième, Rimbaud, excellent élève, voit son talent reconnu au travers de nombreux prix d’excellence en littérature. Il ne connaît aucune difficulté à rédiger des poèmes et des élégies en latin. À 15 ans, il reçoit le premier prix de vers latin au Concours académique, dont le thème était « Jugurtha ». Le talent inouï et inédit de Rimbaud ne passe inaperçu chez personne ; le principal de son collège a même déclaré : « Rien d’ordinaire ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou celui du Bien. » Comme tous les génies, il a connu une vie marquée par la souffrance et les problèmes identitaires, lui qui écrit que « Je est un autre ». Il nous a laissé en héritage des recueils de poèmes dont les vers constituent un monument culturel : Le Bateau ivre (17 ans), Une saison en enfer (19 ans), Illuminations (21 ans).

Raymond Radiguet

Il est un talent précoce lui aussi, du début du XXe siècle. Fils du dessinateur Maurice Radiguet, il passe beaucoup de temps à lire les plus grands classiques de la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles, au lieu d’aller à l’école. À 14 ans, il vit une liaison avec une femme mariée, dont l’époux est au front. C’est cette histoire d’amour qui lui inspirera son premier roman, Le Diable au corps, publié en 1923, alors qu’il n’a que 20 ans. Avant cette publication, il était déjà présent sur la scène littéraire, devenu journaliste à 15 ans et ayant publié quelques contes dans le Canard enchaîné sous le pseudonyme de Rajky, ainsi que des poèmes et des pièces de théâtre. Il fréquente par ailleurs de grands noms du journalisme, de la peinture et de la musique. Il a même fondé, à 17 ans, une revue, en collaboration avec Jean Cocteau :Le Coq. Son premier roman, qu’il a écrit à 18 ans et publié à 20, a connu un grand succès, aussi bien auprès du public que des critiques. Max Jacob et Paul Valéry, notamment, lui reconnaissent de véritables compétences littéraires. Il meurt en 1923, et son deuxième roman, Le Bal du comte d’Orgel, qu’il a écrit à 19 ans, est publié à titre posthume en 1924.

Françoise Sagan

Malgré le contexte aisé dans lequel elle voit le jour, Françoise Quoirez acquiert très vite une lucidité face au monde, qu’elle partage avec ses deux grands amis, Bernard Frank et Florence Malraux. D’après le journaliste Tristan Savin, « la lucidité, face aux horreurs du monde, aux mensonges des adultes, les rapproche tous les trois ». Sa lecture assidue de grands auteurs tels Rimbaud, Proust, Flaubert, ou encore Camus, n’est certainement pas étrangère à ce regard tranchant sur l’existence. Elle rédige son premier roman, Bonjour tristesse, à 18 ans. Il est publié trois mois avant ses 19 ans, sous un pseudonyme, comme le désire son père. Elle devient ainsi Françoise Sagan, en hommage à un personnage de Proust, le prince de Sagan. Ce premier roman lui vaut le prix des Critiques et s’écoule, en une seule année, à 850 000 exemplaires. Elle a même la reconnaissance de François Mauriac, qui la qualifie affectueusement de « charmant petit monstre de dix-huit ans [dont] le mérite littéraire éclate dès la première page et n’est pas discutable ». À 20 ans à peine, elle est détentrice de 500 millions d’anciens francs (762 245€), et son succès littéraire continue avec la publication, à 21 ans, de son deuxième roman, Un certain sourire. À la fin des années 1950, Françoise Sagan est le symbole d’une jeunesse libérée et bourgeoise, insouciante et fascinante.

Et aujourd’hui ?

Quelques jeunes écrivains arrivent, encore aujourd’hui, à être publiés, même si leur destin semble tout de même moins phénoménal que celui de leurs prédécesseurs. Nous pouvons par exemple citer Marien Defalvard, qui, en 2011, à l’âge de 19 ans, a publié chez Grasset son premier roman, Du temps qu’on existait. Il a été sélectionné pour le prix Renaudot et le prix Décembre et a obtenu le prix de Flore et le prix du premier roman. Un autre jeune auteur français du 21esiècle, Sacha Sperling, a sorti son premier roman en 2009, à l’âge de 19 ans : Mes illusions donnent sur la cour. Il a connu un succès immédiat et donné lieu à plusieurs traductions. En 2011, il a publié Les Cœurs en skaï mauve, puis, en 2013, J’ai perdu tout ce que j’aimais, roman autobiographique. Son quatrième roman, Histoire de petite fille, sortira aux Éditions du Seuil le 3 mars 2016. Carmen Bramly, quant à elle, fille de l’écrivain, scénariste et critique d’art Serge Bramly, a publié son premier roman à l’âge de 15 ans, alors qu’elle était encore élève au lycée Fénelon à Paris. Portant le titre de Pastel Fauve, il est sorti aux éditions JC Lattès en 2010. L’année suivante a vu la parution de son deuxième roman, Superfragilibus, chez le même éditeur. Son troisième roman, Hard de vivre, a été édité en 2015.

Don Rodrigue disait donc vrai, quand il déclarait, dans Le Cid de Corneille : « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

Michelle Mbanzoulou

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