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Participer à un salon du livre vaut-il la peine ?

 

Photo d illustration salon du livre

Participer à un salon du livre vaut-il la peine ?

Ce sont des évènements prisés des lecteurs chaque année : les salons du livre attirent les curieux et les passionnés. Intéressants pour les lecteurs, parfois catastrophiques pour les auteurs, les salons du livre font de plus en plus l’objet de débats.

Il en existe plus de 300 en France : régionaux, nationaux, de petite, moyenne et grande envergure. Les salons lu livre attirent les curieux, les passionnés et les professionnels de l’édition. Ils se tiennent souvent pendant le week-end, sur une durée de 2 à 4 jours, et sont un lieu privilégié de rencontre entre auteurs et lecteurs.

Comment se présente un salon du livre ?

Dans une salle plus ou moins grande (salle des fêtes ou municipale pour les salons les plus petits ou parc des expositions pour les autres), des dizaines, parfois des centaines de stands sont installés, derrière lesquels les auteurs, assis avec leurs livres devant eux, attendent patiemment que les lecteurs montrent un intérêt pour leur travail. Pour les visiteurs, l’entrée est parfois gratuite, mais le plus souvent payante (une entrée pouvant aller jusqu’à une douzaine d’euros). Pour les auteurs, l’installation est payante et peut parfois coûter très cher.

En effet, si nous prenons l’exemple du salon du livre le plus prisé en France, celui de Paris, qui s’est tenu l’année dernière du 20 au 23 mars 2015, et que l’on retrouvera cette année du 17 au 20 mars 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles, nous constatons que les frais de dossier coûtent 225€ hors taxe, auxquels il faut ajouter 346€ pour voir son nom inscrit dans le catalogue des exposants. Le stand, lui, peut aller de 300 à 500€ le mètre carré, c’est-à-dire qu’un petit stand coûte plusieurs milliers d’euros.

Le Salon du Livre Paris 2016

Participer à un salon du livre est donc un investissement lourd, autant pour les auteurs s’ils sont autoédités (mais dans ce cas, ils préfèrent, et à raison, éviter ce salon de haute envergure) que pour les maisons d’édition. Et ces frais ne sont que rarement rentabilisés. Les petites à moyennes maisons d’édition, qui ne comptent pas parmi leurs poulains des vedettes médiatiques, ont bien du mal à vendre plus d’un millier d’exemplaires au mieux. Même les quatre maisons généralistes du groupe Hachette que sont Grasset, Stock, Calmann-Lévy et Lattès, ont décidé de ne pas apparaître auSalon du livre de Paris 2015, à cause du manque de rentabilité.

Les raisons pour les auteurs de participer à un salon du livre s’amoindrissent. En effet, ils sont nombreux à relater des expériences catastrophiques. Il faut déjà noter qu’ils ne sont pas payés pour leur présence. Le gîte et le couvert leur sont offerts, certes, mais c’est tout. Les salons du livre, notamment les plus connus, considèrent que le seul fait d’être là est déjà largement suffisant pour les auteurs, qui font la promotion de leurs livres. Ces derniers le voient comme une injustice, non seulement parce que l’exposition est assez faible pour les auteurs peu ou assez peu connus, mais aussi parce qu’il ne viendrait à l’idée de personne de ne pas payer un artiste qui serait présent à un évènement musical par exemple, sous le seul prétexte qu’il ferait sa « promotion ».

Une promotion inestimable

L’injustice que ressentent de nombreux écrivains présents au Salon du livre de Paris ne s’arrête pas là. En effet, ce ne sont souvent que des best-sellers qui sont mis à l’honneur et qui voient leurs stands assiégés par des fans incontestés, qui rêvent de repartir avec une dédicace et une photo. Pour de nombreux auteurs, bien au contraire, les heures voire les jours peuvent défiler sans que la moindre vente de livre ne soit faite, ni même la moindre visite de lecteur. Difficile alors de garder le moral…

Livres

Lors du Salon du livre de Paris de 2014, ce sont les livres figurant au top 10 des ventes de l’année qui ont été pris d’assaut. Parmi eux, on compte Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler, qui a été écoulé cette année-là à un peu plus de 600 000 exemplaires, la trilogie Cinquante nuances de Grey d’E.L. James, qui comptabilisait presque 1,4 million d’exemplaires la même année et Central Park de Guillaume Musso, affichant une vente de quelques 550 000 exemplaires. Quand on sait qu’en 2014 le Salon du livre de Paris a attiré 198 000 visiteurs, on ne doute pas que le nombre d’exemplaires de ces best-sellers vendus a atteint des sommets. Mais le tableau n’est pas totalement noir, et c’est plutôt à un clair-obscur que nous avons affaire.

En effet, les salons du livre sont aussi un bon moyen pour les auteurs de nouer des contacts et de s’enrichir auprès de leurs pairs et des lecteurs. C’est une expérience humaine, en soi. On fait de nouvelles rencontres, on apprend l’humilité, on partage sa passion des livres avec d’autres férus, dans un environnement animé et chaleureux. Et comme le Salon du livre de Paris met tous les ans un pays à l’honneur, c’est l’occasion et pour les auteurs et pour les lecteurs de découvrir tous les ans une culture et un environnement différents et de s’ouvrir au monde, tout simplement. Certains salons du livre, même s’ils sont payants, ne sont pas boudés, et loin de là.

Le Salon du livre et de la presse, qui aura lieu à Palexpo (Palais des Expositions et des Congrès, Genève, Suisse) du 27 avril au 1er mai 2016, a de beaux jours devant lui. Si là aussi les prix des stands sont conséquents (entre 395 et 415 francs le mètre carré, c’est-à-dire entre 360 et 380€), l’enjeu n’est pas de faire des bénéfices, mais bien de n’être ni en déficit ni en excédent. Comme l’Etat de Genève est le principal actionnaire de Palexpo, le but est avant tout de servir la collectivité.

Avec près de 100 000 visiteurs et 1050 auteurs en 2015, le Salon du livre et de la presse peut être fier : 80% des exposants reviennent chaque année. Les salons du livre restent donc pour lecteurs et auteurs une occasion en or de partager leur passion. C’est déjà un privilège !

Michelle Mbanzoulou

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