Fil d'actus
Accueil > Non classé > Prix littéraires : la consécration ultime ?

Prix littéraires : la consécration ultime ?

prix-litteraire

Ils font la une des médias en fin d’année : les plus grands prix littéraires de France que sont le Goncourt, le Renaudot, le Femina et le Médicis notamment, sont un tremplin avéré pour les auteurs primés. Qu’en est-il plus en détail ?

Un prix littéraire est la consécration pour tout auteur primé. C’est une reconnaissance publique de son talent, du moins du talent dont il a fait preuve dans une œuvre en particulier, et c’est à une véritable ruée vers l’or que les auteurs et leurs maisons d’édition s’adonnent tous les ans en fin d’année, quelques semaines après la rentrée littéraire. Quels sont les prix les plus prestigieux ?

Lumière sur les quelques très grands prix français

En tête de liste, bien sûr, figure le Prix Goncourt. Il porte le nom des écrivains Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt. Le premier a inscrit dans son testament en 1892 le désir (partagé avec son frère) de créer l’Académie Goncourt qui décernerait un prix éponyme. L’Académie est fondée en 1900, le prix en 1902. C’est en 1903 qu’il est décerné pour la première fois pour récompenser l’ouvrage Force ennemie de John-Antoine Nau. Depuis, le Prix Goncourt a eu des petits frères : le Prix Goncourt de la nouvelle (1974), le Prix Goncourt de la biographie (1980), le Prix Goncourt de la poésie (1985), le Prix Goncourt des lycéens (1988) et le Prix Goncourt du premier roman (1990).

edmond-jules-goncourt
Portraits Edmond et Jules Goncourt, Félix Nadar

On ne peut parler du Prix Goncourt sans mentionner le Prix Femina, qui a été créé en 1904 pour apporter une alternative féminine au Prix Goncourt, qui ne primait que des hommes (ce qu’il a fait jusqu’en 1944, année de sacre d’Elsa Triolet pour Le premier accroc coûte 200 francs). Le jury était au départ constitué de 22 collaboratrices de « La Vie heureuse », une revue féminine illustrée. Si la première lauréate a été une femme (Myriam Harry pour La Conquête de Jérusalem), le deuxième a été un homme (Romain Rolland pour Jean-Christophe), prouvant ainsi que le Prix n’est pas féminin, seul le jury l’est. Au Prix Femina s’ajoute en 1985 le Prix Femina étranger et en 1999 le Prix Femina essai.

Le Prix Renaudot, qui porte le nom du journaliste, médecin et philanthrope français Théophraste Renaudot, a lui aussi été créé comme alternative au Prix Goncourt. En 1926, il a été inventé par 10 journalistes et critiques littéraires qui ne voulaient pas attendre les résultats du Prix Goncourt. Son premier lauréat est Armand Lunel, avec son roman Nicolo-Peccavi ou l’Affaire Dreyfus à Carpentras. Depuis des années, le Prix Goncourt et le Prix Renaudot sont attribués le même jour au même endroit.

Le Prix Médicis, quant à lui, a été mis en place en 1958 par Gala Barbisan et Jean-Pierre Giraudoux, dans l’optique de récompenser un auteur peu ou pas assez connu. Le premier à obtenir le prix est Claude Ollier, avec La Mise en scène. Le prix a donné lieu au Prix Médicis étranger en 1970 et au Prix Médicis essai en 1985. Ils sont tous deux présidés par le même jury que celui du Prix Médicis. En 2015, les Prix Goncourt et Renaudot ont été révélés le mardi 3 novembre, le Femina le mercredi 4 et le Médicis le jeudi 5. Les lauréats ont été respectivement Mathias Enard pour Boussole, Delphine de Vigan pour D’après une histoire vraie, Christophe Boltanski pour La Cache et Nathalie Azoulai pour Titus n’aimait pas Bérénice. Les auteurs distingués tiennent avec ces prix un gage de réussite pour leur œuvre, car même si le gagnant du Goncourt reçoit 10 euros symboliques, quand les lauréats des autres prix ne reçoivent aucune compensation financière, les livres récompensés voient leurs ventes augmenter exponentiellement.

jean-giraudoux

Jean Giraudoux, 1927

En effet, le Prix Goncourt permet aux livres titrés de se vendre en moyenne à 395 000 exemplaires, le Renaudot à 178 000, le Femina à 97 000 et le Médicis à 48 000. Nous devons aussi citer le Goncourt des lycéens, qui affiche en moyenne des ventes de 334 000 exemplaires. Comme ces prix sont attribués en fin d’année, les ventes connaissent une vraie période de boom pendant les fêtes, les livres primés faisant très souvent partie des cadeaux déposés sous le sapin.

Les prix, les maisons et les ventes

Le cabinet Gfk s’est penché sur les ventes de Lydie Salvayre, la lauréate 2014 du Prix Goncourt, pour son roman Pas pleurer. Les résultats ont montré que les ventes hebdomadaires étaient de quelques centaines d’exemplaires entre août et octobre, avant de grimper à 1 840 la semaine précédant la désignation du vainqueur. Mais le grand bond fait suite à l’annonce de sa victoire : la semaine suivante, les ventes sont de 20 820 exemplaires, grimpant à 36 080 la semaine d’après. Elles ne redescendent pas en-dessous des 21 000 exemplaires, jusqu’à connaître un pic la semaine de Noël : 36 910. Une progression à couper le souffle, qui montre bien que l’obtention du Prix Goncourt rapporte infiniment plus que les 10 euros symboliques, et la maison d’édition et au moins aussi gagnante que l’auteur.

En parlant de maisons d’édition, lesquelles sont les plus couronnées par des prix littéraires ? D’après une étude menée par Le Monde en 2014, la première tous prix littéraires confondus est Gallimard : depuis sa création en 1911, elle a remporté 160 récompenses, au nombre desquelles 37 Goncourt, 29 Femina, 28 Grand Prix du roman de l’Académie française, 20 Renaudot et 17 Interallié notamment. Elle a décroché au moins un prix presque tous les ans depuis sa création. Elle est suivie par Grasset, qui en comptabilise 118, par Le Seuil avec 58 et par Albin Michel avec 43.

Pour connaître les grands chanceux de 2016, il faudra attendre que la saison des grands prix littéraires soit lancée avec le Grand Prix de l’Académie en octobre (qui, lui, est accompagné d’une somme de 7 500€ depuis 2003)… Patience !

Michelle Mbanzoulou

Commentaires :







Restons en contact !

Restons en contact !

Retrouvez le meilleur des dernières actualités, articles et interviews directement dans votre boîte mail ! 

Merci de votre inscription !