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L’inventeur du sadisme ou le marquis de Sade

Impossible de parler de Donatien Alphonse François de Sade, sans évoquer les multiples polémiques qu’il a provoquées à travers les siècles. Emprisonné de son vivant et largement censuré par la suite, l’écrivain libertin continue de susciter la polémique au XXIe siècle : que penser de l’inventeur du « sadisme » ?

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Gustave Courbet (1819-1877) Le Sommeil, 1866

Scandales en série

Sade naît à Paris le 2 juin 1740, au sein d’une riche famille d’aristocrates. Après une formation à l’École des chevau-légers de la garde du roi dès l’âge de quatorze ans, il combat en tant que sous-lieutenant à la guerre de Sept ans contre la Prusse. Bien que reconnu pour sa bravoure, il se fait également remarquer pour ses tendances dépravées. A son retour en 1763, devenu capitaine, il courtise d’ailleurs des actrices de théâtre… au grand dam de son père, qui tente de le marier rapidement pour mettre un terme à ces habitudes volages. C’est ainsi que Sade devient l’époux de Mlle de Montreuil. Toutefois cette union n’atténue pas les ardeurs du jeune homme, qui est incarcéré quelques mois plus tard en raison de ses « débauches outrées ».

Ce n’est que le début d’une longue série d’imputations et d’incarcérations : en 1768, il séjourne à nouveau en prison, six mois durant, après avoir séquestré une femme inconnue pour lui faire subir des sévices corporels.

En 1772, on l’accuse d’avoir offert des dragées contenant des aphrodisiaques à des prostituées lors d’une orgie organisée à Marseille (l’une d’elle étant tombée malade suite à cela). Il s’enfuit en Savoie.

Arrêté et condamné à la peine capitale, il parvient à s’évader et vagabonder durant cinq ans au rythme de nouveaux esclandres. Or, en revenant à Paris après le décès de sa mère, il est à nouveau interpelé et on l’enferme cinq nouvelles années dans le donjon de Vincennes, puis à la Bastille jusqu’en 1789. Coup du sort, il est amené dans un asile de fous à Charenton quelques jours avant la fameuse capture du lieu. Brièvement libéré, il est quitté par sa femme à cause de son comportement violent.

Il survit à l’atmosphère révolutionnaire parisienne en cachant ses origines nobles et en faisant jouer ses pièces, bien qu’il manque d’être guillotiné en 1794 et n’y survit que grâce à une erreur administrative. Mais sa chance a tout de même des limites : ses écrits lui vaudront finalement d’être accusé de « délire du vice » et de retourner à l’asile, où il mourra le 2 décembre 1814.

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Femme dans les vagues, Gustave Courbet

Une œuvre novatrice

Les années passées au fond d’une cellule ont toutefois permis à Sade de passer la postérité, suite à la rédaction de nombreux écrits pour tuer le temps. Une aura tumultueuse émane de l’œuvre du marquis libertin, notamment des Cent vingt journées de Sodome, de La nouvelle Justine (qualifié « d’infâme roman ») ou encore de l’Histoire de Juliette. Si la violence et la vulgarité de ses textes ont fait couler beaucoup d’encre, ces derniers ont eu un impact considérable dans la perception du grand public de la sexualité. Rare sont les auteurs pouvant se targuer d’être à l’origine d’un concept. Le nom de Sade a en effet servi de base au mot « sadisme », intégré au dictionnaire à partir de 1834. Aujourd’hui traduit dans de nombreuses langues, il en a découlé d’autres termes, comme « sadomasochisme ».

Malgré le dégoût et le rejet total de son œuvre en son temps (ses descendants ont refusé le titre de « marquis » jusqu’au milieu du XXe siècle, par honte de s’appeler « Marquis de Sade » !), les textes engendrés par cet esprit sans limites ont contribué à l’apparition de la psychologie sexuelle contemporaine. Si le personnage ne semblait pas fréquentable de par ses comportements extrêmes, ses écrits ont pu être remaniés et utilisés à bon escient.
Camille Launay

 

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