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Umberto Eco : la Mort de la rose

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Il était l’un des plus grands écrivains italiens, et le monde se souviendra de lui pour son érudition et son sens de l’humour, ainsi que ses positions affirmées en faveur de la culture.

Un modèle d’érudition

La nouvelle est tombée le 19 février 2016 : Umberto Eco est mort dans son domicile milanais des suites d’un cancer. Il avait 84 ans, mais il demeurait l’homme dynamique et érudit que le monde connaissait depuis des années. Il était un universitaire, linguiste, philosophe, historien et sémiologue italien, un modèle d’érudition, qui restait néanmoins très accessible : il accordait de nombreuses interviews et rédigeait des articles pour le quotidien La Repubblica, ou encore pour l’hebdomadaire L’Espresso. Il restait quelqu’un de très ouvert, influenceur de son époque. Ses articles, pleins d’humour et d’ironie, faisaient le plaisir de ses compatriotes, tout en leur donnant matière à réfléchir et à progresser. Cet homme à la mémoire phénoménale, polyglotte et détenteur de plusieurs distinctions de prestige comme la Légion d’honneur, le statut de commandeur des Arts et des Lettres ou encore le titre de grand officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, a fait ses premiers pas en tant que romancier alors qu’il était âgé de 48 ans, en 1980, avec la publication de son roman Le Nom de la rose, qui est très vite devenu un succès littéraire, traduit dans 43 langues et écoulé à plusieurs millions d’exemplaires. Eco ne s’était pas mis à l’écriture de romans avant, parce qu’il considérait que c’était « un jeu d’enfant qu’il ne prenait pas au sérieux ».

Un monstre de la culture

Après son premier roman, qui restera, aux yeux du monde, son grand chef-d’œuvre (il a d’ailleurs été adapté en 1986 par Jean-Jacques Annaud, avec Sean Connery en tête d’affiche), Umberto Eco en a rédigé d’autres, qui témoignent tous de sa grande culture, aussi bien littéraire qu’historique et philosophique (il a fait sa thèse sur le « problème esthétique chez Thomas d’Aquin ») : il s’agit de Le Pendule de Foucault (1988), L’île du jour d’avant (1994), Baudolino (2000), La Mystérieuse Flamme de la reine Loana (2004), Le Cimetière de Prague (2010) et Numéro zéro (2015). Il part en laissant plusieurs livres à l’état de projet, mais l’un d’eux sera publié à titre posthume vendredi 26 février 2016 par sa maison d’édition La Nave di Teseo, qu’il a créée avec son ancienne éditrice Elisabetta Sgarbi : Pape Satan Aleppe, chroniques d’une société liquide, essai regroupant des textes publiés dans L’Espresso depuis 2000. Celui qui avait déclaré que « la télévision rend[ait] intelligents les gens qui n’[avaient] pas accès à la culture et abruti[ssait] ceux qui se cro[yaient] cultivés » aura droit à un hommage télévisuel sur France 5 dans « Entrée libre » le 24 février à 20h15 ainsi que dans « La grande librairie » le 25 février à 20h40. Cet écrivain engagé laisse derrière lui un grand héritage qui marquera sans conteste les générations à venir.

Michelle Mbanzoulou

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